Julien Leblay...
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Amérique latine à vélo : 11 000 kilomètres pour le don du sang


Retrouvez le récit de ce voyage
à vélo en Amérique du sud
dans le livre

"Cap sur Ushuaia"


304 pages dont 16 de photos couleur.
Prix public : 18 euros.
Cap sur Ushuaia. Voyage à vélo en Amérique latine

Pérou : Cusco


Cusco, ville la plus touristique du pays, capitale culturelle du Pérou en 2007, capitale archéologique, fief des Incas. Cusco, ville où le mot dollar s’affiche sur toutes les vitrines du centre. Cusco, ville où on trouve une densité incroyable de gringos. Bref, haut lieu touristique, le genre d'endroit que je n'affectionne pas vraiment. Ici comme partout dans le Pérou, le tourisme s’est développé après 1993, après la fin du terrorisme et des attentats qui l'accompagne. Machu Picchu représente un problème de gestion. Il y a trop de touristes, et le risque d’érosion et d'affaissement des murets est grand. Il est temps de légiférer l'accès au site d'une manière plus strict, en infligeant peut être un quota a ne pas dépasser. Il faut pourtant payer 40 dollars US pour la simple entrée, mais cela n’est pas encore assez dissuasif pour protéger ce site exceptionnel. Les Incas n'avaient pas prévu une telle affluence ! Ma première mission ici est de prendre soin de Teresa. Je trouve une petite boutique de vélo près du centre commercial artisanal. La, le responsable me promet de me réparer Teresa en une heure. Elle sera prête en 4 heures... J'aurai alors le temps d'aller manger d'Edson et Rocio. Edson était à la boutique de vélo. il m'invite à manger un morceau. Très sympathique et un peu fou, je resterai une heure avec lui avant d'aller vagabonder dans le centre artisanal. J'y cherche des gants. J'ai perdu les miens il y a quelques jours. Et trouver des gants pour des mains comme les miennes n'est pas chose aisé. Finalement j'en trouve en laine d'alpagas. On vous les propose à 10 soles ici, le principe est de bouder un peu. Alors on vous demande à combien vous les voulez : 4 soles ;le compromis est trouvé à 6 soles.

L’après midi, j’irai voir les filles travaillant à la boulangerie du bon pasteur, près de la plaza de Armas. C’est ici qu'Alexis, Maxens et Clément effectuent leur stage. Ces filles au nombre de 13 ont été recueillies par des soeurs après avoir été abandonnées par leurs parents. En compensation de l' hébergement, de la nourriture, de l’éducation et de la formation qu’elles suivent ici, elles sont en charge de faire fonctionner la boulangerie en faisant les pâtisseries et des jus de fruit. Je leur ferais une petite présentation de mes voyages en espagnol, après midi très agréable et instructif pour tous.

Le lendemain, je m'attarderai à visiter les sites Incas situés au nord de la ville en direction de Pisac. Muni de la carte d’étudiant d'Alexis, j'arrive à Sacsay Huaman après quelques minutes de marche. J'y achète le boleto turistico (billet touristique) pour 35 soles, la carte étudiant me valant le droit à 50% de réduction. Ce billet permet d’accéder à multitude de sites à Cusco et dans les alentours. Sacsay Huaman est impressionnant. D'énormes murs y sont dressés, constitués de pierres massives. Celles ci sont de formes et de tailles très différentes, et pourtant imbriquées d'une façon parfaite. Le travail est prodigieux, le résultat spectaculaire. J'ai cru entendre de la part d'un guide espagnol que le tout avait la forme d'un puma, animal que l'on trouve au Pérou. Les murs en zigzag représenterai la crête de l’animal. Ici sont également présentes des femmes vêtues d'une manière impeccable et très colorée. A leur côté des alpagas et dans leurs bras des agneaux. Elles attendent les touristes pour prendre avec eux une photo pour 1 sole. Au milieu de ces ruines, l'alpaga a fière allure, bien loin de faire le même travail que ses ancêtres. Ces femmes discutent entre elles et font de la couture. Elles proposent également aux touristes, à des prix exorbitants, des gants, bonnets, ponchos ou autres tissus forts en couleur.

Je continue à pied jusqu'au christ blanc dressé sur la colline. Il surplombe Cusco. Puis j’arrive à Qenco. Ici, c'est une grotte naturellement creusée dans le calcaire qui a fait de ce lieu un site privilégié des Incas. Ils y effectuaient des offrandes à Pachamama (pas sûr du nom), la Terre, qu'ils veineraient. De même, un péruvien déguisé en roi Inca attend les touristes. Il a un grand succès auprès des jeunes filles. Personnellement le procédé me fait sourire, et là encore je pense à cette grande différence qu'il existe entre le touriste et le voyageur. Je suis un voyageur. Jamais je n'ai fait payer quiconque qui voulait me photographier... Mais ici le tourisme est l'activité économique numéro un de la région, et tous les moyens sont bons pour le faire payer. Cela dit il m'est arrivé quelques jours avant d'avoir pris des enfants en photos. Ceux là m'ont alors demandé de l'argent. Je leur explique que je n'avais pas d'argent a donner pour avoir pris une photo. Ils semblaient très déçus...

En partant un enfant vient me proposer un circuit à cheval pour aller au temple du soleil. Très bien m 'affirme t-il. Je luis souris en refusant. Plus loin je verrai deux touristes juchés sur deux bourriques squelettiques. Ils doivent se rendre à ce fameux temple. Le guide les suit à pied. Le tableau me semble grotesque...

Je continue ma marche sur 5 kilomètres. Cette portion est très intéressante. Il n y a pas de touristes. La majorité d’entre eux fait le trajet en taxi ou combi. Alors ici, dans cet espace non touristique, le Pérou redevient ce qu'il est ailleurs. Les enfants sont assis sur le pas de porte et se cherchent les poux, les truies vagabondent avec leur portée, les ânes hennissent à mon passage. Puis arrive Puca Pucara. De nouveau des étalages de tissus colorés, leurs vendeuses le sont également. Ce troisième site n'a rien de vraiment intéressant, je ne m'y attarderai pas. A quelques mètres de là se trouve le dernier site que je souhaite visiter. Tambo Machay. On peut y voir trois petites fontaines issues d'un canal d'irrigation parfaitement bien préservé.

Je retournerai ensuite à pied à Sacsay Huaman. Le ciel est dégagé, je souhaite y prendre de nouvelles photos. C'est alors que je rencontre un unu signifie "eau" en Quechua. Il me propose d'abord quelques babioles a vendre. Je refuse. Nous discutons un peu. Il est surpris par le voyage que j'entreprends ici et cela semble lui plaire. Il me demande si je crois en le pouvoir de la Terre. - Plus qu'en dieu lui répondis- je. - Mon père est Chaman, m'explique il. Il m’a beaucoup appris. Si tu le souhaites je peux te faire une initiation. Les touristes vont arriver dans une heure, j'ai du temps.

Toujours curieux de vivre de nouvelles expériences, j'accepte. Nous suivons alors un chemin très strict le long des ruines. Il m'explique qu'il existe deux ponts d'énergie ou je ne sais quoi ici. Le premier se situe à un angle d'un mur. Etrange. La base du mur est creusée à deux endroits. C'est là qu'il me demande de mettre mes pieds pour méditer pendant deux minutes. Nous poursuivons et nous retrouvons en contrebas du site archéologique, au milieu des arbres, avec vue sur la ville. Ce qui a suivi est tout à fait extraordinaire. Après avoir prononcé quelques paroles, m'avoir parcouru le corps avec une plume, il me demande de prononcer très fort un mot Quechua. J'obéis. Brutalement la tête me tourne, je manque de m'évanouir. Je m'allonge. Les toits de la ville ne sont plus rouges mais blancs. Ils m’éblouissent. J'ai mal au ventre et manque de vomir par deux fois. Il m'explique que c'est le mal qui sort de moi. La force de la Terre m'aide à me libérer. Soit... Je suis abattu et un peu effrayé par cette expérience d'une force insoupçonnable. Après de longues minutes de repos, nos chemins se séparent Il me demande de remonter par là où nous sommes venus alors que lui empruntera un autre chemin. En partant il me lance : - Je t'aide aujourd’hui, un jour tu m'aideras à ton tour. Je remonte le chemin jusqu'aux murs Incas et redescends en ville en repensant à ce qui vient de se passer. J'avais vécu un peu la même chose en Nouvelle-Zélande. J'étais arrivé dans une famille maorie avec un mal de genoux terrible et pensais arrêter mon voyage là. Un membre de la famille m'avait manipulé pendant de longues minutes et je les avais quitté presqu'entièrement guéri. Aujourd’hui l'expérience fut bien plus forte, et je verrai par la suite comment je vais aborder les routes péruviennes et boliviennes...

La soirée se déroulera à l'Alliance française pour la conférence. La salle est pleine d'élèves péruviens et de professeurs de français. Sont également présents les membres de la croix rouge de Cusco pour parler du don du sang. Il s'agit d'une des meilleures conférences que j'ai pu vivre,car leur présence a considérablement enrichi le débat. Le directeur de la croix rouge explique que le don du sang est le plus gros problème social du Pérou. Trop peu de gens le donnent. Et depuis l'affaire du sang contaminé les gens ont peur de donner leur sang. En réalité le risque d'être contaminé en donnant son sang est nul. En revanche il existe au moment d'être transfusé. En effet, le dépistage du sida coûte très cher lorsqu'on veut le détecter après seulement quelques jours, comme cela se fait dans tous les pays développés. Ici ils ne peuvent le détecter qu'après un mois de contamination. Ainsi, si une personne récemment contaminée va donner son sang et ment sur ses pratiques à risque, alors il est possible que du sang contaminé soit donné à des patients. C’est ce qui s’est produit récemment à Lima.

Dernier jour de repos à Cusco. Le matin je me rends de nouveau à l’Alliance française pour une interview ou Teresa fait encore sa star. Puis je me rendrai a l’hôpital, au centre de don du sang. Ici les infirmières m'expliquent qu'elles comptent chaque jour environ 10 donneurs de sang. Mais en un mois, seulement 4 ou 5 sont volontaires. Les autres sont des dons de sang familiaux. 4 ou 5 donneurs de sang volontaires par mois seulement, la situation est dramatique, il n’y a absolument aucune culture du don du sang. La communication coûte cher, ils ne peuvent pas se le permettre. Et il n’existe pas la bas comme chez nous des volontaires qui vont parler du don du sang à leurs concitoyens.

Je rencontrerai un hollandais fort sympathique. Il me dit qu'il y a dix ans, Cusco était bien moins touristique. Aller à Machu Picchu devait coûter environ 10 dollars US. Il était également allé il y a trois ans à Choquequirao. Les terrasses des lamas n’étaient pas encore découvertes, et il avait campé sur la place centrale de la cité perdue ! Peu à peu le tourisme prend de l’ampleur au Pérou, les choses ont l’air d'aller vite

Demain je reprends donc le vélo pour Arequipa. Au programme le canyon de Colca, le deuxième canyon le plus profond au monde. 3000 et quelques mètres de dénivelé... Les nouvelles vont donc être bien plus diffuses jusqu'à Arequipa. Toutes mes excuses au dévoué et exceptionnel traducteur Maurice, qui a du traduire ici les résumés les plus longs depuis le début du périple. A bientôt !


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