Jour 37. Poiana - Garda de Sus
En pleine forêt
Le climat est doux ce matin. Je traverse Poiana Horea avec calme alors que ce petit village se réveille en douceur. Sur ma carte, la route quitte la rivière au niveau de ce village. Alors je fais de même et bifurque a gauche dans une longue montée. Durant les 7 Km de piste, je me demande si je suis sur la bonne route. La réponse se trouve en haut, lorsque le chemin s'arrête dans une clairière. Apparemment non ! A ma gauche une petite piste. Je l'empreinte. Elle semble grimper au sommet de la montagne, et la bonne route doit être de l'autre cote. Apres un peu de marche a pied, je retrouve un chemin plus large, 4 caches, une bouteille en plastique et une boite de pâtes. Pas de doute je suis sur la bonne route, celle de l'humanité ! Quoi que plus large, la piste n'en est pas plus praticable. Je vois a ma droite, sur l'autre montagne, quelques maisons. Leur présence me rassure, to0ut comme la tronçonneuse que j'entends a ma gauche dans la vallée. On n'est jamais réellement perdu en ROumanie, il y a toujours quelques hommes autour de nous. Je continue d'avancer, sans savoir ou je suis ni ou je vais... Apres plus d'une heure de vagabondage, je retrouve enfin une piste plus large, carrossable. Je descends et traverse une village de Tsiganes, reconnaissable par les cabanes en plastique. On y respire la misère la plus totale. Je m'y arrête pour demander mon chemin. Albac ? Tout droit me dit on. Je poursuis. Plus loin des maisons en bois, toujours sans électricité. Je croise alors des bûcherons et plusieurs voitures. Tous ont l'air bien surpris de voir un cyclotouriste sur cette piste. Alors que j'ai déjà effectue 35 Km, un bûcheron m'annonce Albac à 13 km. C'est beaucoup ! Je m'enfonce encore plus dans cette forte de pins. A un de ses nombreux sommets, je la découvre d'en haut. Immense et vallonnée, elle est clairsemée par quelques clairières ou sont implantées des maisons. Comment ces gens vivent ils ici ? L'accès en été y est déjà difficile. Qu'en est il de l'hiver ?! Les gens qui y habitent sont rudes mais souriants. Cette montagne me plait et me fascine, ses occupants encore plus !
Teresa n'est pas du même avis. Mon vélo est en mauvais état. La béquille ne tient plus en place, le porte bagage arrière perd des boulons, celui a l'avant fait des bonds a chaque caillou rencontre, la chaîne est encombre de graviers et les freins sont ronges. Mais il résiste. Qu'en est il du cycliste ? Les 10 Km de descente sur un chemin ravine ont raison de moi. Je frémis a chaque secousse. Mon épaule est douloureuse, mon poigne droit peine a freiner, mes reins ne me permettent plus de m'asseoir, ni de me lever. Mes cotes vibrent et mon dos a bien du mal a assembler le tout. Mais je résiste. C'est en grimaçant que nous descendons.
Au fil des Km, la foret disparaît peu a peu. Les prés se font plus larges, les tas de foin plus nombreux. Puis l'électricité réapparaît, alors les maisons foisonnent sur ces fortes pentes. Et puis vient enfin le goudron. Apres 45 Km et 5 heures de vélo, j'arrive sur la route entre Horea et Albac. Un panneau m'avait pourtant annonce une distance de 26 Km ce matin. Bon, j'avoue, je me suis un peu égaré !
Je longe alors une vallée très peuplée. Impossible de trouver un endroit ou camper. Finalement je tente ma chance dans un camping. En fait, un pré où sont installées des tentes. Je demande a un Roumains s'il est possible de camper ici. Oui me dit il, sans problème. Une vieille femme viendra plus tard te demander 5 Lei. Aie, c'est la mon problème. Je n'ai plus que 7 Lei sur moi et aucun distributeur dans les 100 prochains kilomètres. Il m'est donc impossible de payer 5 Lei si je veux avoir à manger pour les deux prochains jours. Et pourtant, 5 Lei, c'est a peine 2 euros, une misère ! Marius, le roumain interroge, me les offre sans problème ! Me voila donc invite dans ce camping ! Je passerai le reste de mon temps entre Teresa (réparation et nettoyage), la cuisine et ce groupe de 4 roumains. C'est alors qu'un autre roumain vient a moi et m'invite a manger avec lui et sa famille. Soit, me voila invite a manger, de la cuisine roumaine s'il vous plait ! Le repas est constitue de pommes de terre, tomates, poivrons et de cochon grille. e toute mélange avec du riz préparé par mes soins, un vrai régal. C'est Alexandru qui m'a invité. Il est accompagné de sa femme Adina et de ses parents Vlad et Lidia. Nous passerons le reste de la soirée ensemble, à discuter de tout et de rien, mais surtout de politique autour de bière et de vin. Alexandru me fait également don de 60 Lei pour aller ainsi jusqu'au prochain distributeur d'argent ! De quoi vivre pendant 4 jours ! Cette étape fut donc tout a fait merveilleuse. J'ai découvert une montagne tout a fait atypique ou des bûcherons vivent dans des conditions hallucinantes. Puis j'ai enfin pu goûter a l'accueil chaleureux des Roumains, qui vous réchauffe le coeur et le corps !
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