Retrouvez le récit de ce voyage à vélo dans les Balkans dans le livre 244 pages dont 10 de photos couleur. Prix public : 15 euros. |
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La route après Drvar s'élève sur un plateau de calcaire situé à environ 1000 mètres d'altitude. Aride, sec, jaune, magnifique ! Les plateaux comme celui ci ont l'art de me fasciner. J'y trouve toujours une quiétude et une solitude que je ne ressens nul part ailleurs. Rien ne bouge. Les buissons sont disséminés dans l'herbe sèche, les courbes sont douces, le moindre rocher a un charme particulier, le moindre signe de vie est un spectacle. Un cheval, des papillons, un cyclo voyageur, un berger. Je discute deux minutes avec lui. Je ne le comprends pas, lui non plus. Mais on discute, appréciant cette rupture dans notre solitude respective. Nous nous quittons avec une belle poignée de main. Je sais juste que c'était un berger, lui sait juste que je voyage à vélo...
Quelques minutes après mon pneu arrière est à plat. Deuxième crevaison. Décidemment, la Bosnie ne me réussit pas, entre les crevaisons et les chutes ! Cela me laisse le temps d'apprécier un peu plus la splendeur de ce plateau. Je retirerai de mon pneu arrière un morceau de verre. Je me dis alors que si le verre n'existait pas, ou si les hommes seraient plus respectueux de la nature, alors cela ferait le plus grand plaisir des cyclo voyageurs ! Je repars... puis recrève cinq kilomètres après. Ah ben alors, qu'est-ce qu'il se passe aujourd'hui ?! Cette fois ci c'est un pincement de mon pneu entre deux cailloux : deux trous dans la chambre à air. L'incident réparé, je reprends ma route. Mon stock de rustines étant sérieusement entamé, je souhaite en rester là pour aujourd'hui. Le plateau karstique laisse peu à peu la place à un autre plateau, plus vaste encore, plus plat, plus vert. Cette fois ci c'est la montagne de Paripovac, à ma gauche, que j'admire. Les nuages offrent tous les tons de verre aux prairies. Le paysage change ainsi de couleurs au gré du vent.
Après trente kilomètres de piste je retrouve le bitume. Le décor devient alors plus glauque. La route s'élargit soudainement. Longue ligne droite de 2 kilomètres, plate, deux fois trop large. Cela ressemble étonnement à une piste d'atterrissage. Autour des camps militaires, cernés par des fils barbelés, puis des bâtiments désaffectés... Glamoc ne me fait pas une belle impression. C'est ici aussi que je revois le drapeau croate flotter au vent, signe du nationalisme des marques des croates. Nous sommes pourtant en Bosnie. Ce sont ces "détails" qui me font dire que la Bosnie, d'un point de vue identitaire, n'existe pas. Ici, les gens se sentent bien plus croates que bosniens. Cela se confirme lorsque j'arrive à Livno. C'est jour de mariage aujourd'hui. Un cortège de voitures quitte la ville, fleurs et drapeaux aux vents. Ces derniers sont croates, évidemment. Cela nous change des mariages vus à Sarajevo, où c'était le drapeau Turc que les mariés exposaient aux passants...
J'irai dormir à cinq kilomètres de Livno, à Guber. Quelques tentes sont posées dans un pré. Je demande la permission de me joindre à ces bosniens, dont beaucoup ont une plaque d'immatriculation allemande ou hollandaise. Ils ont quitté le pays pendant la guerre, un grand classique !
C'est après un orage d'une grande violence que je m'endormirai ici. Il s'agit de ma dernière nuit en Bosnie. Demain je retrouve la torpeur de la côte croate...
Etape précédente : Bosanska Krupa - Drvar Etape suivante : Guber - Split
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