Jour 27. Bucarest - Targoviste
Je passerai deux jours de repos actifs à Bucarest. Le premier jour j’ai rendez vous avec Aimée. Elle est en charge du don du sang en Roumanie. Cette femme d’environ 45 ans est extraordinaire. Médecin, son travail consiste à s’occuper des enfants ayant des problèmes de sang (thalassémies, leucémies). Mais comme rien ne se faisait pour le don du sang, elle a pris le problème en main. Après de longues négociations avec le ministère de la santé, elle a crée une association de don du sang il y a 7 ans et s’en occupe comme elle peut, avec les moyens du bord. Le don du sang n était pas la priorité de la croix rouge en Bulgarie. Ici, c’est pire. Ainsi, elle fournit une quantité incroyable de travail pour pouvoir imprimer quelques prospectus, faire des événements médiatiques ou autre. Elle m explique notamment comment faute de moyens, elle s’est retrouvée à devoir faire la cuisine pour une trentaine d étudiants lors d’un séminaire d’une semaine. Bon enfant mais fatiguant. Ce sont aussi ses enfants qui posent comme modèles sur les affiches, car il ne lui est pas possible de payer des mannequins.
Elle m’explique aussi pourquoi la situation du don du sang est critique en Roumanie. Peu sont bénévoles, beaucoup sont payés, indirectement. A savoir que les donneurs de sang ont droit à une carte de bus mensuelle payée et des tickets pour acheter de la nourriture. Ainsi, ce sont surtout les pauvres gens qui viennent donner leur sang car ils ont besoin de cet argent, et ils doivent souvent mentir au questionnaire préalable au don pour pouvoir donner. Voila pourquoi le don du sang doit être bénévole. C’est ce bénévolat, cette gratuité qui assure, entre autre, un sang de bonne qualité.
Elle est assez pessimiste sur l impact de ma venue à Bucarest. En effet, selon elle les journalistes ne se déplaceront pas car je ne propose pas quelque chose de très alléchant. Des crimes ou autres maladies incurables plairaient bien plus selon elle. Je rejoins son opinion. Nous verrons demain.
Le reste de la journée est consacré à manger (car il me faut reprendre des forces), a m’occuper de Teresa qui a cassé un rayon et qui faiblit par endroits. Puis je rejoindrai Claudia, mon hôte, pour une visite de la ville. Retour à la maison du peuple, immense bâtiment construit par Ceausescu et que peu de roumains apprécie. Alors que leur leader construisait ce bâtiment immense et très coûteux, le peuple, lui, subissait les restrictions d’eau et d’électricité. Et aujourd’hui son entretien coûte une fortune. Il sert de musée. Claudia espère juste que ce symbole du communisme passé puisse attirer des touristes, seul rôle utile qu il peut avoir.
Le lendemain est consacré à la conférence de presse. Comme Aimée le craignait, peu de journalistes sont présents. Sur les 50 journalistes contactés seuls quatre sont présents, plus une interview radio. De plus la Roumanie a compte ces derniers jours deux décès importants. Un chanteur et acteur très célèbre (plus que Johnny Hallyday m’a- t- on dit) et le chef de l’église roumaine. Ainsi les journalistes sont occupés à d’autres affaires... Aimée est déçue mais garde le sourire comme à son habitude. Ensuite je referai une visite de la ville et irai notamment voir l’arc de triomphe. Entre les deux guerres mondiales, Bucarest était appelé "le petit Paris" car les liens avec la France étaient très forts, beaucoup d’architectes français ont construits des bâtiments qui ressemblaient ainsi a ceux présents à Paris. Mais les communistes ont détruit une grande majorité de ces bâtiments pour construire ces immenses blocs en béton, et Bucarest n est plus ce qu’elle était. Cela dit son architecture est très intéressante, cette ville me laisse bonne impression. Petit bémol, le trafic conséquent et les conducteurs presses, qui rendent cette ville stressante et dangereuse. Et ici plus qu’ailleurs, le vélo fait gagner du temps, alors que les voitures sont bloquées dans d’interminables bouchons, augmentés par le fait que la ville est en construction depuis son entrée en union européenne.
Concernant les roumains, je m’aperçois que beaucoup parlent français. J’ai souvent des discussions en français ici, et beaucoup de mots de notre langue sont utilisés dans la vie courante, comme "bonjour" et "merci" (le merci étant également utilisé en Bulgarie). Concernant leur religion, 80 % d entre eux sont orthodoxes, mais de moins en moins pratiquants. Cela dit il n’est pas rare de les voir se signer en passant devant une église, à pied ou dans les bus, ce qui peut être dangereux dans ce dernier cas. Lâcher prise de tout support dans un bus lance a vive allure sur les routes défoncées de la capitale pour ce signer n’est pas conseillé. Mais bon, Dieu veille sur eux...!
Je ne vous ai pas parlé des gitans depuis ce voyage, et pourtant il s’agit d’un sujet récurrent. Cette population est très présente depuis la Macédoine, et semble poser de gros problèmes. Ils ne travaillent pas et sont ainsi peu intégrés. Pire, ils semblent être violents, particulièrement ceux de Roumanie. Ce sont également eux que nous retrouvons à Paris par exemple, intégrés dans des réseaux mafieux. Même si, a priori, la Roumanie est leur terre de sédentarisation, ils sont donc peu intégrés ici et encore moins appréciés. Et tout le monde me dit de me méfier d’eux, et je vais donc finir par le croire. Même si je n’ai jamais eu aucun problème avec eux, il est vrai que leurs regards et leurs attitudes sont peu rassurants... A voir. Cela dit, ce sont eux qui occupent les appartements au centre de la capitale. Ces appartements n’ont ni eau ni électricité et ce sont donc les gitans qui s’y sont installés, sans papier de propriété ni rien. Ainsi ils vivent au milieu des banques luxueuses et des restaurants 3 étoiles. Cela fait également partie des contrastes de cette capitale...
Je me dirige donc en direction de targoviste. C'est après que je regagnerai les montagnes. J'ai hâte de voir à quoi ressemblent ces Carpates, sachant qu'on ne m'en a dit que du bien. Claudia m'assure que c'est le plus beau pays de tous les Balkans, tellement différent. Elle n'est pourtant pas allée dans les autres pays... Patriotique mon hôte !
PS alors que je subissais la canicule les semaines passées, la Roumanie et la Bulgarie sont maintenant sous les inondations. Il a plu toute la nuit, puis toute la journée, et ils ont encore annoncé une grosse journée de pluie pour demain...
Bucarest - Targoviste. Dernière étape de plaine
Les 15 premiers kilomètres de la journée me permettent de quitter la ville. Puis 30 kilomètres où les maisons se succèdent les unes aux autres sans discontinuité. La route est plane et l'étape devient vite monotone. Un peu avant Targoviste, je vois sur les bords de la route le fruit de la récolte des habitants. Ces derniers exposent sur des tabourets proches de la route leurs oeufs, tomates, poivrons, lait ou autres piments.
Le rotary club m'a donné rendez vous à une station essence 5 kilomètres avant Targoviste. Un comble pour un cycliste ! Ils me reçoivent, puis valentin nous rejoint a vélo. Expatrié aux USA depuis maintenant 4 ans, il sera mon guide pour la journée.
Arrivés à l'hôtel, Valentin me fait remarquer que ma sacoche de guidon porte les couleurs du drapeau de la Roumanie. Le rouge pour le sang de tous les roumains tombés pour la patrie, le jaune pour le blé, le bleu pour la liberté.
Targoviste est l'ancienne capitale de Roumanie, et ce jusqu’au 15 e siècle. A cette époque, l'empire Ottoman était aux portes de la Roumanie. Par un traité, les Roumains ont négocié leur liberté. Il leur fallait alors payer une certaine somme et aussi délocaliser la capitale à Bucarest. Ainsi, en cas de rupture du traité, Bucarest serait plus facile à conquérir que Targoviste, située au pied des montagnes. La capitale a donc été délocalisée, et la Roumanie n'a ainsi pas été envahie. Et de ce fait, les roumains ont une origine bien plus latine que turque, ce qui explique que leur langue se rapproche plus de la nôtre. D'ailleurs, lorsque l'on demande aux roumains s'ils se rattachent aux Balkans, les avis sont partagés. Certains disent que oui, alors que d'autres non. Valentin me dira que la Roumanie a autant de lien avec Bulgarie que nous n'en avons avec les Etats Unis... La journée se terminera avec la visite d’un monastère et de l'ancienne ville, puis avec un dîner avec le rotary club. Ce dîner est précédé d'une longue conférence de presse très intéressante. Une représentante du don du sang de Targoviste nous dit que la plupart des donneurs de sang viennent faire ce don pour recevoir la contrepartie (ticket pour achat de nourriture) mais elle a espoir en les jeunes. Il leur manquerait un bus pour pouvoir aller collecter dans les petits villages. Le Rotary club local va donc essayer de les aider dans ce sens la, pourquoi pas aide par une quelconque guide française, comme le rotary club de Clermont qui me supporte. Ce projet sera a élaborer à mon retour !
Il est 22h30 lorsque j'écris ces lignes. Je suis épuisé alors je vous laisse avec ces quelques photos. Avant d'avoir visité le monastère et la vieille ville, le Rotary club m'a fait un magnifique cadeau. Je me suis fait tirer le portrait par un très grand dessinateur, et le résultat est plutôt surprenant. Cela ne rend peut être pas très bien en photo mais le portrait est parfaitement réussi, en environ une heure de temps.
Lire la suite du voyage à vélo : Brasov
Plan du site |
Etude du Cézallier |
Limites du Cézallier |
Le Northland en Nouvelle Zélande |
L'ile du sud de Nouvelle Zélande |
Tour des Alpes à vélo |
Tour d'Europe vélo moto |
Tour de la Nouvelle Zélande à vélo |
Tour des Balkans à vélo |
Balkans et Roumanie à vélo |
Amérique du sud à vélo |
Tour du Cézallier à vélo |
stage en Nouvelle Zélande |
Liens : Hôtels et restaurants en France |
Voyageurs au grand coeur |
Livres et guides de voyages
Découvrez
mon dernier livre
Nouvelles vagabondes et mon film Good'Aventure. |
![]() ![]() |