Retrouvez le récit de ce voyage à vélo en Amérique du sud dans le livre 304 pages dont 16 de photos couleur. Prix public : 18 euros. |
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Alors que je m'apprête a quitter Zapala, Brook et Ethan y arrivent. Il est 18h00, nous décidons alors de camper ensemble, une nouvelle fois ! Nous trouverons notre bonheur sur un stade de foot.
Comme presque tous les matins depuis une semaine nous nous séparons, presque sûr de se revoir bientôt. Cependant nous ne prendrons pas exactement la même route, ainsi les chances de se recroiser se réduisent. Aujourd'hui je me dirige au parc national Laguna Blanca. J'y suis rapidement. Ce lac situé au pied de la précordillère est un havre de paix. On y trouve quantité d'oiseaux venus se réfugier ici, comme le flamant rose. Cet endroit est remarquable pour sa tranquillité. Aujourd'hui les nuages recouvrent le ciel, apportant ainsi de la fraîcheur. La circulation est faible, me permettant d'être à l'écoute de la faune environnante. Cela faisait bien longtemps que je n'avais pas vécu un moment de communion aussi intense avec la nature. Je suis bien, heureux.
La suite du parcours se déroule dans une campagne verte et florissante, enfin. Je ressens alors un peu la même sensation que lors de ma sortie du désert d'Atacama, lorsque je suis rentré en Argentine. Le vert m'apaise, m'égaye, me calme. Il m'avait manqué. Depuis Salta je n'ai mangé que du grillé, du sec, des plaines grises et monotones. Ici les vallons sont verts, des vaches grasses paissent dans les hautes herbes.
Après 100 kilomètres le goudron disparaît. La route s'élève. Je m'arrêterai quelques kilomètres plus haut pour passer la nuit près d'un ruisselet. Cette étape marque un changement important du voyage. La longue traversée du désert vient de se terminer. Pour mon plus grand bonheur, j'ai retrouvé du vert et de l'eau. Je vais alors pouvoir raccourcir les étapes (je tiens une moyenne de 120 kilomètres par jour depuis Mendoza) et profiter de la nature qui s'offre à moi.
8h00. C'est le soleil qui me réveille ce matin. La nuit a été excellente et réparatrice. Une heure plus tard je suis de nouveau sur le vélo et termine la montée débutée la veille. Je suis récompensé au sommet par la vue du volcan Lanin qui, du haut de ses 3776 mètres, domine de plus de 1000 mètres les sommets environnants. Son cône est parfait, son versant sud recouvert d'un glacier. Après une longue descente je suis dans une gorge où s'écoule la rivière Aluminé rendue marron par les dernières pluies. Je la suis sur 50 kilomètres.
Je quitte cette gorge pour une nouvelle montée qui me permet de traverser un beau plateau ondulé et herbeux. Mes pensées s'envolent vers l'Auvergne tant la ressemblance est réelle. Les paysages ont définitivement bien changés. Je redescendrai de ce volcan pour m'arrêter le long du ruisseau Malleo. Je m'installe sur un petit carré de pelouse bien verte, protégé par trois peupliers. La rivière coule avec force à mes côtés et se jette un peu plus loin dans des rapides. En face, une butte surplombe la rivière, affichant de magnifiques orgues basaltiques, rappelant que je suis dans une région volcanique. Le volcan Lanin d'ailleurs se trouve derrière moi, à peine dissimulé par les arbres longeant la rivière.
Au matin le volcan est caché par les nuages. Je n'irai donc pas jusqu'à son pied et me dirige directement à Junin de los Andes. Dès mon arrivée j'y rencontre David, un américain à vélo. Il a commencé son voyage à Mendoza et se dirige à Ushuaia. Il décide de changer d'itinéraire pour m'accompagner jusqu'à San Martin de los Andes. En effet, il existe deux routes, et je veux prendre celle en terre pour éviter les touristes en voiture.
Avant de partir nous rencontrons Jacques et Marie Paule, deux voyageurs à la retraite et en Land Rover. Jacques se souvient de moi pour m'avoir croisé dans un festival de voyage, à Paris (culture aventure). Lui aussi tenait un stand pour vendre son livre sur comment voyager en Amérique latine en voiture. De mon côté je ne me souviens pas de cette rencontre. Peut- être étais-je absorbé par d'autres discussions... Nous restons un moment ensemble. Eux se dirigent aussi à San Martin. Peut-être nous reverrons nous la bas...
La piste est en mauvais état mais nous offre la découverte d'une campagne charmante, malgré les nombreuses traces d'incendies sur la forêt. Nous arrivons ainsi au lago Lolog où je me baignerai avec plaisir. Ensuite, les voitures sont bien plus nombreuses et nous couvrent de poussière. San Martin nous accueille finalement en fin de journée. Ici, tout le monde est formel. Il est impossible de faire du camping sauvage. Sur la plage du lac ? N'y pensons même pas ! Les gardes ou la police municipale nous affligeraient une grosse amende. Les camping affichent 20 à 28 pesos, ce qui est bien trop cher. Nous nous dirigeons alors sur la place centrale pour réfléchir. Après 5 minutes j'annonce à David que nous dormirons sur la plage, au diable les autorités locales ! Il acquiesce, un peu stressé à l'idée de se faire prendre. Je le console en lui disant que les cyclovoyageurs français sont réputés pour être les plus fous, il faut faire honneur à cette réputation !
Alors que nous prenons le maté sur la plage nous revoyons Jacques et Marie Paule. Ils nous invitent à manger un poulet et quelques légumes. Le pastis est de rigueur pour l'apéritif, suivi de quelques bières. David et moi sommes aux anges ! Nous passerons un long moment a écouter Jacques nous expliquer leurs péripéties en Amérique latine, puis nous nous séparerons. La plage nous attend !
Nous nous installons sous un ponton en bois, sans planter les tentes. La plage se vide peu à peu de ses occupants. Seuls deux voyageurs à vélo restent là, sans bouger ni s'inquiéter outre mesure. C'est le bruit du réchaud qui me réveille. A 7h00, David est déjà prêt pour le maté. Il est heureux de cette nuit, de cette soirée passée avec les français, de cette journée passée en ma compagnie. Je ne le suis pas moins.
Il doit attendre trois de ses amis cyclovoyageurs ici. Ils doivent arriver ce soir. Pour occuper sa journée il décide de m'accompagner pour la première montée de la journée. Nous nous rendons ensemble à la station de ski du cero Chapelco. Sur la route nous croisons Serge et Christiane, deux français voyageant avec un gigantesque camping car..Eux aussi veulent nous offrir un pastis. Mais sous cette chaleur nous refusons. Nous passons une heure ensemble, au frais dans leur habitation roulante. A la station de ski, nous revoyons Jacques et Marie Paule. Puis nous redescendons et nous nous séparons au premier croisement de route. Lui redescend à San Martin, moi je continue à la découverte de la route des 7 lacs. Je commençais a m'attacher à ce jeune garçon, dynamique, curieux, motivé à pédaler et désireux de voyager ainsi à vélo. Je lui lance un dernier conseil, l'idée de se séparer de ses amis avec qui l' entente ne semble pas idéale. Vous connaissez le dicton. Il vaut mieux voyager seul que mal accompagné !
La route des 7 lacs. Une des curiosités de la région. Elle serpente dans une montagne couverte d'une forêt et est ponctuée de quelques lacs. Au premier je rencontre un groupe de 8 français de Toulouse, afférés autour d'une voiture. Ils sont enfermés.. dehors, les clefs étant restées à l'intérieur. Au bout d'une bonne demi-heure ils parviendront finalement à l'ouvrir. Les toulousains semblent savoir y faire pour forcer des voitures...! Ils m'inviteront plus loin à boire un verre. Je dormirai au lac Villarino, seul endroit où il est autorisé de camper gratuitement. Ezequiel, Valeria et leur enfant Tomas m'accompagneront pour le dîner, puis Benjamin et Ana se joindront à nous pour le maté. Voici une journée bien remplie, pleine de rencontres formidables.
La route des 7 lacs perd tout son charme quelques kms plus loin, lorsque l'asphalte disparaît. Des pistes, j'en ai parcouru beaucoup depuis 5 mois. Mais celle-ci a la particularité d'être empruntée par des centaines de touristes. Je suis alors très vite recouvert de poussière balayée par les voitures. Ca grince entre les dents : du sable, j'en mange aussi beaucoup !
A cela s'ajoutent les taons. Gros et nombreux, j'en tuerai une quinzaine, à mains nues ou aidé de ma casquette, une arme longue portée redoutable !
Je croiserai d'autres cyclovoyageurs rencontrés à San Martin. Ils sont à pied, partis pour une balade, mais je les reconnais facilement. L'un d'eux affiche une superbe coloration rouge !
Je m'arrête au lac Espejo après 40 km. Il est encore tôt, je décide de poursuivre ma route après m'y être lavé et avoir profité de la compagnie d'une famille argentine. Je veux en terminer avec cette piste poussiéreuse. J'arrive alors à Villa Angostura, ville aussi touristique que San Matin de los Andes. On m'avait promis des petites plages où je pourrai planter ma tente pour dormir. Je ne vois que des espaces privés. Après 15 km, je m'arrête à un camping : la Estacada. En sachant que je viens du Pérou, le patron Javier m'invite à planter la tente gratuitement. Je passerai alors la soirée assis sur un tronc d'arbre mort à méditer sur ma condition de cyclovoyageur.
Le lendemain, dernière étape pour rejoindre Bariloche. Etape pénible sur une route étroite et très empruntée. Les camions et 4x4 se plaignent de mon drapeau que j'ai mis en travers de la route pour me protéger de leur pare-chocs. Un chauffeur de 4x4 se plaint au contrôle de police avant Bariloche. Le policier m'arrête et me demande de retirer ce drapeau. Je refuse. Il refuse que je parte. Nous discutons. Il me demande mon passeport. Je lui demande son nom.
- Pourquoi veux-tu savoir mon nom ?
- car si je me fais renverser par une voiture plus loin du fait que je n'ai plus mon drapeau, je veux un respondable. Et le responsable, ce sera vous. Votre nom s'il vous plait ?
Nous discutons encore. En voyant les nombreux tampons sur mon passeport il me demande d'où je viens.
- De Lima
- A vélo ?
- Oui à vélo, avec ce drapeau en travers de la route !
Nous discutons encore. Finalement il me laisse partir avec mon drapeau et une poignée de main fraternelle. Je pars en ne pouvant m'empêcher de rigoler. Le méchant petit vélo l'a emporté face au gentil gros 4x4. Il n'y a pas de moralité dans ce pays !
Bariloche est la petite Suisse de l'Argentine. On y trouve des boutiques de chocolat dans tous les coins de rues, ainsi qu'un musée du chocolat. On peut également prendre des photos avec des saint Bernard, la vedette locale. J'y rencontre une famille argentine en voyage en camionnette. Je passe une heure avec eux et repars avec un gâteau et de la Yerba maté, la meilleure selon eux ! Je poursuis mon chemin sur 12 kilomètres jusqu'à la plage Serena. Ici vivent Rodolfo et son amie Andréa. Ce sont des amis de Ivana, mon hôte à San Juan. Je planterai la tente sur leur gazon avant de jouer avec la petite Serena âgée de quatre ans, et deux de ses amis.
Voilà en résumé ce qui s'est passé durant cette dernière semaine. A retenir des rencontres folles et enrichissantes et surtout un changement de paysage radical. Je continue ma route vers le sud jusqu'à El Bolson, grand centre touristique également. Ensuite ce sera plus tranquille avec des pistes et de beaux parcs nationaux. Enfin, dans un peu plus d'une semaine je traverse la frontière pour le chili et la fameuse carratera australe construite par Pinochet. Je vous réécris avant le passage de frontière.
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