Jour 10.vKorce - Antartiko.
Collecte de sang à Korçë
Pour cette journée de repos, une collecte de sang est organisée à 9h00 du matin dans le parc de la ville. Ce sera la dernière collecte de sang. Cette fois- ci 3 télévisions seront présentes ainsi que 10 donneurs de sang, ce qui représente une bonne journée pour le don du sang. Nous aurons ainsi fait 8 reportages télé en Albanie. Ceci montre que le don du sang est bien épaulé par les médias, et on peut donc espérer que le nombre de donneurs augmentera rapidement. Aujourd'hui une jeune journaliste de 20 ans vient donner son sang pour la première fois. Elle est un peu stressée mais heureuse de faire ce geste. Elle m'explique qu'elle nous a vu dan la rue et a trouvé l'idée très intéressante. Notre présence l'a donc motivé à franchir le pas, et ceci est un point très positif et encourageant. Espérons que beaucoup, comme elle, franchiront ce pas...
Je demande à Ariana si tous les hommes albanais passent leur temps a s'asseoir à l'ombre des arbres et à jouer aux cartes ou aux dominos comme c'est le cas ici. Elle sourit et me dit que oui, c'est une tradition en Albanie. Les femmes travaillent dans les champs ou restent à la maison alors que les hommes jouent aux cartes. Quelques associations féministes tentent de changer les mentalités mais elles sont encore trop minoritaires et pas assez influentes.
Nous remarquons que ce sont aussi les femmes qui donnent leur sang, les hommes étant trop peureux...
Ariana me dit que l'Albanie est dans une période de transition pour tout, et qu'ils ont des difficultés dans tous les domaines. 45 ans de dictature, ça marque un pays et les esprits .Mais elle espère que la génération a venir aura une meilleure situation. Sous entendu que pour elle, qui n'a connue que la dictature et un lendemain difficile d'un point de vue économique, c'est trop tard. Vie gâchée à jamais par une politique restrictive au possible, agissant sur les faits et les esprits des gens.
Nous nous quittons pour rejoindre l'Alliance française. Nous remercions encore une dernière fois cette femme d'une grande gentillesse qui représente assez bien les habitants de son pays. Timide, travailleuse, optimiste, fraternelle et maternelle. Merci Ariana et merci l'Albanie. Nous n'avons plus que 30 Km à faire ici avant d'arriver en Grèce pour un court passage. Cette expérience méritait d'être vécue et nous encourageons, Berengère et moi, tous ceux qui souhaitent voyager autre part que dans des destinations touristiques à découvrir ce pays qui le mérite.
A bientôt, en Union Européenne cette fois-ci !
Nous quittons Korçë en soirée pour nous approcher de la frontière Grecque. Nous arrivons à Bilischt après 20 Km de plat. La ville ne fait pas bonne impression à Berengère, de mon côté elle me plait beaucoup. Des enfants nous suivent à vélo en souriant, la ville est découpée par une rue piétonne ombragée par des arbres, les gens assis aux terrasses des cafés nous regardent passer avec un regard apaisant.
Nous nous arrêtons pour nous ravitailler. A côté de plusieurs magasins de chaussures, deux épiciers quasi identiques sont côte à côte. Berengère prend celui de droite, moi celui de gauche. Berengère achète le yaourt (évidemment), les pêches et le pain. Je me charge des bananes, des biscuits et des pâtes. La sauce tomate demande réflexion. Finalement c'est la vendeuse de Berengère qui l'emporte. Pour ne pas être en reste mon vendeur, Naum, me remplit ma gourde de 750 ml. Qu'à cela ne tienne, Berengère se voit remplir sa bouteille de 1.5 litre. Mais comme l'Albanais est tenace, mon commerçant remporte le duel en nous offrant un verre de Raki ! Voilà une façon très ludique de faire ses courses !
C'est euphorique que nous quittons cette petite ville. Des jeunes nous suivent de nouveau à vélo. Je les invite alors à faire une course. Ils appuient avec force sur les pédales en grimaçant d'effort tout en se penchant sur le guidon. Puis ils s'arrêtent brutalement en éclatant de rire ; ils ont du dépasser la limite autorisée par leurs patriarches.
Nous plantons finalement la tente dans un pré de luzerne fraîchement fauché des bergers viennent nous saluer en rentrant leur troupeau. Pour eux aussi la journée se termine. Le soleil se couche derrière la montagne albanaise, il se réveillera derrière celle de Grèce.
Je me réveille avant lui. Mon estomac rejette par les 2 extrémités du tube digestif et de manière liquide tout le repas du soir. Je vomis in extremis hors de la tente, puis m'en vais dans un champ de mais pour évacuer ma turista. Ce manège dure de longues heures jusqu'au réveil à 4h30. Nous devons cependant pédaler pour ne pas cuire dans ce pré. Berengère s'occupe de toute ranger alors que je continue à vomir. Une fois sur la route, je vomis la moindre goutte d'eau bue. Je dois me contenter de m'humidifier la bouche sans jamais boire l'eau. Supplice de Tantal. Après 6 kilomètres nous arrivons à la frontière. Je vomis encore en Grèce. Trois kilomètres plus loin, nous traversons le premier village grec. Kristalopigi. Nous nous arrêtons dans un café ou un cyclotouriste allemand est déjà arrêté. Le corps fin et la barbe trapue, il me fait penser au frère de Lorenz (Herbst), mon ami cyclotouriste. Nous discutons un moment et il m'offre une pilule contre la diarrhée. La moitie du problème résolu. Au café, huit hommes sont là, de tous les âges, à se faire servir par la patronne. Cette dernière, d'un fort embonpoint, m'offre un verre d'un médicament fait maison. Une espèce de grog à la groseille et au goût de la salle d'attente du dentiste (elle voulait au départ m'offrir une bière ! Les jeunes parlent vivement alors que les anciens, habillés de noir de la tête aux pieds, écoutent tout ce qu'il se dit, un chapelet à la main. Quand le moment leur semble opportun, ils interviennent dans la conversation avec véhémence et personne ne semble discuter. On écoute les anciens avec respect.
Pendant tout ce temps, Berengère est à mes petits soins, elle s'occupe de tout ce qui se passe autour de moi, dans ce petit bar grec aux airs de corse. Nous pensons que ma turista est due à l'eau prise à Bilitsch. Jusque là nous n'avons eu aucun problème avec l'eau de source ou du robinet, que l'on a toujours bu sans pastille de purification. Cette fois-ci cela ne semblait pas une bonne idée...
Nous quittons le bar avec une bouteille d'eau minérale et un objectif : regagner la première pharmacie, à 40 Km de là... Nous n'y arriverons pas. L'envie de vomir me reprend quelques kilomètres plus loin alors que le médicament miracle semblait m'avoir calmé. Je suis dans un état pitoyable. Mais la campagne que nous traversons est peu peuplée et il nous faut avancer pour regagner le prochain village. A Antartiko, la route s'élève plus franchement et il m'est impossible de continuer. Villa Rosa nous semble être un bon café pour nous arrêter. Il est midi. Je m'allonge à même le sol alors que Berengère s'affaire à chercher une voiture se dirigeant à Florina. Elle trouve finalement un médecin dans le café voisin. Et voilà comment je me retrouve face contre terre, une aiguille plantée dans les fesses. Berengère, je te revaudrai ça ! Les patrons m'invitent à me reposer dans l'une de leur chambre. Je suis déshydraté, j'ai sommeil car très peu dormi, je n'ai plus d'énergie et j'ai la fesse endolorie. Je m'écroule et n'en ressort qu'à 17h00. Croyant aller mieux je me vois déjà continuer sur le vélo. Mais le mal est encore là, et les patrons nous invitent finalement pour la nuit.
C'est au tour de Berengère de mal aller. Elle est tombée ce matin sur son genou et il lui apparaît très douloureux. La fatigue, la chaleur et la douleur la contraignent elle aussi à se reposer. Après avoir été courageuse durant toute la journée, elle craque à son tour à Antartiko. Nous formons un tandem bien mal en point, bien bancal. Berengère boitant, moi me déplaçant sans énergie et m'asseyant avec précaution après la piqûre. Bref, le moral est bien bas. Persuadés que tout ira mieux demain, car en réalité il y a peu de chance que ce soit pire, nous honorons l'invitation des patrons et allons nous coucher après une petite soupe offerte par la patronne.
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