Retrouvez le récit de ce voyage à vélo en Amérique du sud dans le livre 304 pages dont 16 de photos couleur. Prix public : 18 euros. |
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Les boliviens sont comme les péruviens. Ils m'annoncent deux kilomètres pour rejoindre Copacabana ; il y en a neuf. Copacabana, ville touristique située sur les rives du lac Titicaca. Cette ville ressemble aux villes du Pérou. Au centre le marché tout en couleur ou les fruits s'entassent en harmonie, ou l'odeur de viande fraîche vous accueille et vous fait grimacer, ou les vendeuses de jus de fruits vous aguichent. Plaza de Armas, le centre de la ville avec ici une imposante église coloniale et de nombreuses boutiques de produits artisanaux. Puis les rues étroites composées de boutiques qui offrent en présentoir quantité de chocolateries et biscuits.
Ville touristique également. Mais ici le tourisme me semble moins agressif, plus respectueux des gringos. Les prix ne sont pas plus élevés malgré la couleur blanche de ma peau (ou du moins de mes cheveux blonds, car ma peau elle est bien bronzée depuis longtemps !). et où on ne nous agresse pas pour nous vendre des babioles ou nous louer une chambre. C'est sur la plage que je dormirai, avec vue sur les bateaux de plaisance. Une fois de plus le vent m’annonce une nuit agitée. Il remue ma tente et la surface du lac. Les vagues s'échouent à quelques mètres de moi. Ce son est agréable et apaisant.
La Bolivie ressemble au Pérou. Une meute de chiens viendra rompre mon sommeil. Il est 2h00 du matin lorsque je décide de sortir de ma tente. Quelques jets de pierre bien localisés suffiront a faire taire ces canins.
Fort de ma dernière expérience en bateau, je retente l’expérience et me dirige à l'île du soleil (isla del sol) pour une excursion à la journée. Sur place, j'y retrouve une similitude étonnante avec la cote croate, les ruines Incas en plus. Sur le chemin je discute avec un péruvien travaillant aux Etats Unis. Nous parlons de la Bolivie. Il regrette la situation actuelle, qui fait de son pays le deuxième plus pauvre de l’Amérique latine après Hawaï. La Bolivie n’était pas si pauvre avant, mais selon lui la corruption et les mauvaises décisions politiques n' ont fait qu'aggraver les choses. Pour ce qui est de la population bolivienne, on compte 60 % de pauvres, 38 % de très pauvres et 2 % de riches selon une étude récente. Et l’écart entre les pauvres et les riches est un des plus élevé au monde, et tend a augmenter. Bref, la situation de la Bolivie n'est pas au mieux, et les beaux jours semblent encore bien loin. A savoir qu'un salaire mensuel d'un bolivien moyen peut-être d'environ 500 bolivianos, soit 50 euros... Sur le chemin du retour je discute avec Nicolas et Fabrice, deux français venus passer un mois entre Bolivie et Pérou. Nous dînerons ensemble à Copacabana. Rencontre très sympa qui me donne des forces pour repartir. Il est 18h30 lorsque je me lance sur les routes, la nuit approche. La route s’élève et après quelques kilomètres je domine Copacabana et les alentours. Je suis alors captivé par un terrible orage. Orage silencieux, il frappe loin d'ici et je ne peux l'entendre. Je peux juste regarder le ciel s'éclairer et se faire transpercer par la foudre. Cet orage m'hypnotise. J'en oublie le froid et la montée. Il est 20h30 lorsque je décide de m'arrêter.
Au matin je découvre le site où j’ai passé la nuit. Le lac Titicaca est dissimulé par une petite colline, et apparaît d’une manière discontinue entre deux vallons. Le soleil rase l'herbe jaune. Une belle journée s’annonce. Je traverserai le lac a l'endroit le plus étroit en bateau. A partir de là, je traverse quantité de villages. Dans chacun d'eux au moins 4 panneaux. Attention aux piétons, attention aux montées, attention au virage, attention traversée d’écoliers... J’en viens a les compter : un tous les 100 mètres en moyenne ! Mais aucun panneau d’entrée de villages. Je les traverse sans faire de présentation. Cette partie de la Bolivie semble avoir tenté la carte du tourisme, a en croire les nombreux restaurants et hôtels en ruines, les complexes touristiques inaboutis. Certains ont résistés et vous proposent de la truite, péchée dans le lac. Les maisons sont un peu différentes de celles du Pérou.
Alors que le rez de chaussée est fait de terre, le premier étage et parfois le deuxième sont faits en brique. Enfin les murs ne sont pas peints de ces slogans politiques comme au Pérou. La dernière élection a du avoir lieu depuis bien longtemps. Huarina (enfin je suppose). Petit village au bout du lac et au pied d'une chaîne de montagne qui s’étend sur des centaines de kilomètres. Succession de pics enneigés dont le plus haut est le Huayna Potosi, culminant à 6088 mètres d'altitude. Mon objectif de demain. Je mange dans un "comedor Popular". Ici s'étalent différentes cuisinières. Toutes proposent du poisson frit. Il ne faut pas être trop regardant sur l'hygiène. Le poisson frit dans une huile d'un autre âge, le riz colle à l'assiette, la sauce est douteuse. Pour la première fois du voyage je doute sur la capacité de mon estomac a conserver puis digérer les aliments que je lui propose. J'essaye de faire passer le tout avec un "Cola" mais sans succès. Lui aussi est douteux. Je discute avec ma poissonnière. Je lui demande comment est la route pour aller à La Paz. - Ca monte ? Ca descend ? - 5 soles en combi me dit- elle J'essaye de lui expliqué que j’y vais en vélo. Elle ne semble pas comprendre. La Paz est très loin d'ici, 75 kilomètres au moins... De mon coté je peine à la comprendre également. L’accent est très différent entre le Pérou et la Bolivie. Ici ils mâchent leurs mots et j’entends le son "ch" au lieu du "s". Je comprendrai cependant qu’elle m’offre le repas. Il n’était pourtant que de 4 bolivianos. La route est parfaitement plate jusqu'à La Paz, 80 kilomètres sans montée. Mon regard ne cesse de se porter sur le glacier de Potosi, superbe montagne. Un virage me fait foncer droit devant le glacier Illimani culminant à 6438 mètres d’altitude. Le maître des lieux, grand seigneur qui s’écrase sur la plus haute capitale du monde, La Paz.
Avant La Paz, il y a El Alto. Grande ville touchant la capitale mais restant sur le plateau à 4000 mètres d'altitude. La croix rouge et le don du sang ne m’attendent que le 5 novembre. Je décide donc de faire une virée au nord de La Paz. Avant tout je veux changer mes pneus. J'en ai trouvé deux à Copacabana. Ils sont plus larges et conviendront parfaitement pour les deux jours de piste qui m'attendent. La surprise est grande lorsque je constate qu'ils sont en fait bien trop grands malgré l’inscription... On m'a vendu du 50 pour du 48, ils me sont inutiles. Je suis enragé et désespère. Je pensais enfin avoir trouvé des pneus adéquates aux routes qui m’attendent. Or le temps passe et je n’ai toujours pas trouvé de solution. La Bolivie s’annonce plus dure que jamais
Je me dirige vers le glacier et plante la tente sur le plateau dominant El Alto. Je suis absolument seul face au monstre de glace. Sa beauté ne suffira pas a m’apaiser, je m'endors contrarié.
Après cette mauvaise nuit je me dirige en direction du Potosi. Captivé encore une fois par sa beauté j’en oublie de tourner à ma droite en direction de Chacaltaya. Je m’offre alors un détour de 20 kilomètres avant de me rendre compte de mon erreur.
Chacaltaya. Il s'agit de la station de ski la plus haute au monde, perchée à 5300 mètres d'altitude. Yves et Gaël y étaient allés il y a quelques semaines. Ils me l’ont annoncé tel un défi que je dois relever. Je m’élance alors sur une route défoncée faite de pierres tranchantes. Que cette route est difficile, je dois poser le pied à terre souvent, manquant de faire demi tour et pestant contre mes deux confrères. Finalement après 3 heures d’efforts je couvre les 10 kilomètres de montée. Au sommet Adolpho m'accueille. Je devrai payer 15 bolivianos pour venir ici, mais du fait que je sois monté à vélo j’ai toute sa considération et suis son invité. D'ici la vue sur le plateau et La Paz est surprenante. Alors qu'El alto s’étale de tout son long, La Paz plonge brutalement le long de la colline. En contrebas sont situés les immeubles, le centre d’affaire. Le tout est couronné par l’Illimani. Je redescends ce que je viens de monter et me dirige vers La Paz. Je ne pensais pas y dormir mais la difficulté de la journée et le petit détour en a décidé autrement. Pour 25 soles je négocierai une chambre sur les pentes de La Paz, en direction de Coroico.
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