Julien Leblay...
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Tour de la Nouvelle Zélande à vélo ; 2750 km pour le don du sang.

Retrouvez le récit de ce voyage
à vélo en Nouvelle-Zélande
dans le livre

"Voyage du bout du monde"


134 pages dont 8 de photos couleur.
Prix public : 12 euros.
Voyage du bout du monde. 2750 kilomètres à vélo en Nouvelle-Zélande

Journée de repos : collecte de sang à Rotorua.

Aucune collecte n'avait été prévue dans mon programme à Rotorua. Mais étant arrivé une journée en avance à Rotorua, il a finalement été possible d'organiser une journée médiatique en terre maorie ! Je me suis donc rendu pour 8h30 à la salle de collecte. Les 5 kilomètres de route pour m'y rendre ont été 5kilomètres de douleur... Mon mal de genou s'est empiré dans la nuit. Et pourtant, on dit que la nuit porte conseil, ce qui n'est pas toujours vrai apparemment !

Je dépose le drapeau là bas puis me rend à l'hôpital pour voir un docteur. Pour 75 NZ$ (soit mon budget pour 3 jours de route...), le docteur me dit que effectivement, j'ai bien mal au genou... Merci ! En fait il m'a tripoté mon genou dans tous les sens pendant environ 2 minutes, et puis pas plus. Voila pourquoi je déteste aller chez les généralistes. Bref, je ressors quand même avec une prescription, de quoi faire marcher un cul de jatte ! J'espère que ce sera suffisant... Ceci dit, si certains d'entre vous ont entendu parler d'unijambistes ayant fait 3000 bornes à vélo, je suis intéressé de connaître leur histoire. Cela pourra m'aider pour la suite de mon périple ! Plus sérieusement, j'ai trouvé un moyen pour atténuer la douleur en pédalant. J'ai beaucoup de difficultés à plier le genou. Mais lorsque je pédale avec le talon, je plie moins le genou, et du coup ça passe mieux... Il faut me voir pédaler, me déhanchant à chaque coup de pédale ! Allé, plus que 2500 bornes à faire... Après ces 4 jours de repos, je verrai si la situation s'améliore. Si oui, je ferai le parcours initialement prévu ; si non, eh bien je couperai à travers directement en direction de Gisborne, et ne visiterai pas tout le East Cape. A suivre avec impatience...!

Pour revenir à ma journée d'aujourd'hui, la séance de docteur étant passée et la pilule avalée (75 NZ$, quand même...), je me dirige en direction de "radio works" pour une autre interview. Le journaliste est super sympa, l'interview se passe super bien. J'enchaîne sur une autre interview, pour une autre radio, par téléphone cette fois-ci. Ca se passe aussi très bien. Mon anglais s'améliore de jours en jours, d'interviews en interviews ! Finalement je reviens à la salle de collecte pour voir un dernier journaliste, pour un journal. Le photographe a une imagination débordante ! Il me demande d'allonger mon vélo sur un lit pour que l'infirmière fasse mine de lui prélever du sang ! Voila mon vélo allongé, aux soins d'une infirmière armée jusqu'aux dents, une seringue à la main ! Ce sera le dernier journaliste de la journée, enfin tranquille !

55 personnes se seront déplacées aujourd'hui, dont Stephen (qui m'a hébergé hier). Stephen n'a jamais donné son sang. Nous en avons parlé hier et cela l'a motivé à venir se matin. Finalement il s'en sort vivant, et plutôt satisfait. C'était moins dur que ce qu'il pensait ! Il signe mon drapeau avec un sourire jusqu'aux oreilles !

A 2h30, j'ai rendez vous chez le dentiste. J'ai une petite douleur, et je pense que le mal de genou peut venir d'une petite carie (eh oui c'est bien connu, qui dit mal de genou chez les cyclistes, dit mal de dent !). Malheureusement, aucune carie à l'horizon, hygiène de dent parfaite... Je ressors assez déçu, j'aurai tant voulu avoir une carie ! Je n'ai d'espoir dans la guérison que dans les trois tablettes d'anti-inflammatoires et dans les trois jours de repos.

Avant de quitter Rotorua, je vais me poser près du lac. Là, un car de touristes Coréen débarque, et tous sortent armés de leurs appareils photos ! Ils prennent différentes poses devant le lac, le jardin et... mon vélo ! Finalement un couple me demande de poser avec eux devant le vélo ! Puis je prends trois Coréens en photo devant mon vélo également ! Fin de journée amusante ! Peut-être se reconnaîtront-ils sur le site car, bien évidemment, ils sont repartis avec un petit prospectus présentant le Tour et notre site Internet !

Je rentre chez ma famille d'accueil avec mon magnifique déhanché (j'vous promets, on croirait pas que j'ai encore 2500 kilomètres à faire !). Je retrouve toute la grande famille, et approfondis ma connaissance de la culture maorie, qui semble être bien différente de ce que l'on veut bien nous montrer. Je vous parlerai de cela dans la prochaine actualisation. J'apprends beaucoup sur ce peuple au sein de cette famille, et j'espère pouvoir vous faire partager le plus simplement possible toutes mes longues discussions très enrichissantes. Mais la situation est très très compliquée, et j'espère ne pas dire trop de boulettes... Essayons de mieux comprendre la culture maorie...

Lorsque vous débarquez à l'aéroport d'Auckland, on vous met d'entrée dans le bain maorie, en affichant partout des posters de maories ou de sculptures. Même chose lorsque vous achetez des guides touristiques. Pour exemple le grand guide de chez Gallimard, qui vous présente en quatrième de couverture la magnifique sculpture maorie gravée sur un rocher d'une des îles du lac Taupo (sculpture qui, ceci dit au passage, ne date que d'environ 15 ou 20 ans...). Bref, tout est fait pour associer la Nouvelle Zélande aux Maoris.

Ray (archéologue) m'a expliqué brièvement l'histoire de ce peuple, histoire d'ailleurs très contestée. Il semble que le débat autour de l'origine des maories n'est pas près de se terminer. Pour lui comme pour beaucoup d'autres scientifiques, les ancêtres des Maories viendraient du sud de l'Asie (Nord des Philippines, Taiwan ; mais ne dîtes pas à un Maorie que c'est un produit made in Taiwan, je vous promets qu'ils sont en fait bien plus solides). Il y aurait environ 6000 à 7000 ans, les ancêtres des maories auraient quitté l'Asie à la découverte du Pacifique. Ils ont petit à petit découvert toutes les îles de la Polynésie : Tonga et Samoa il y a 2000 ans, puis Polynésie centrale (Marquesas) il y a 1200 ans, et enfin la Nouvelle Zélande, en dernier, il y a 1000 ans. Entre temps (entre les Marquesas et la Nouvelle Zélande), ils auraient eu le temps d'aller en Amérique du sud pour aller chercher, entre autres, le Kumara (patate sucrée). Mais il a été trouvé sur des îles du Pacifique des outils faits avec de la lave provenant de la Nouvelle Zélande, et datant de plus de 1000 ans (probablement 2000 ans)... Ce qui voudrait dire que ces navigateurs seraient allés en Nouvelle Zélande, puis revenus dans le Pacifique, puis retournés là-bas... Voici la version scientifique.

Jade et Teressa, les deux mères de famille Maories chez qui j'ai été hébergé pendant 3 jours, me donnent une autre version de leur histoire. Pour elles, les Maories ont peuplés cette terre lorsqu'elle était encore rattachée à l'Australie. Les Maories auraient donc vu la terre se séparer de l'Australie, les volcans émerger et dessiner les courbes de ce pays... Voilà donc les deux versions qu'il est possible d'avoir pour le peuplement de la Nouvelle Zélande. J'aurai tendance à pencher pour la version scientifique, qui est également présentée dans le musée de Rotorua par exemple.

Pour ce qui est de l'intégration des maories dans ce pays (cette expression est terrible de sens, quand on pense que ce sont eux les premiers à être sur ces terres...), il y a beaucoup à dire. En fait, la Nouvelle Zélande utilise la culture Maorie comme un produit marketing, un produit touristique. Si l'on vient ici, c'est pour ces paysages, les grands espaces, l'air pur, les volcans et... les Maories. J'ai été invité à venir passer quelques jours avec cette famille, invitation que j'ai volontiers accepté. Mais je suis venu ici avec beaucoup d'a priori, de pensées négatives envers cette population. En effet, vu d'Auckland, je n'ai vu cette population que sous un angle "produit touristique" (je vous avais déjà fait part de mes sentiments il y a quelques mois). J'ai donc expliqué à Jade et sa famille comment je voyais leur peuple : des gens qui font la promotion d'une culture d'une façon malhonnête puisque complètement en décalage par rapport à ce que devait être cette culture au temps du Moa, avant l'arrivée des colons. J'ai en tête ces Maories shows filmés par mon collègue de bureau (!), P-B, ou l'on voit des gens obèses danser et chanter devant un car de touristes époustouflés devant la beauté de ce spectacle, de cette culture... Grotesque.

Alors Jade m'a expliqué l'histoire de son peuple, qui a été colonisé par nous, européens, il y a plus de 200 ans. Pendant des années, on leur a pris leur terre (et ça continue toujours), et interdit d'exprimer leur culture (de parler maorie entre autres). Alors ils ont perdu beaucoup de cette culture, à laquelle ils n'ont réussi à conserver que quelques brides... Je me rappelle d'ailleurs un ami qui, sachant que j'étais ici, me demandait : "tu parles Maorie ?". Bien sur que non, personne ne parle Maorie ici ! Tout le monde parle anglais, et un peu français ! Le Maorie est très peu parlé. Pour exemple, dans cette famille de maories, seul la mer, la fille et le fils parlent maories... Les autres membres de la famille ne parlent pas leur langue d'origine. Ceci est dû au fait qu'on leur a interdit de parler Maorie pendant de nombreuses années... Les différentes interdictions ont fait que cette culture a beaucoup perdu. Lorsque vous perdez la langue, vous perdez beaucoup de votre héritage culturel. Ainsi, beaucoup de maories ne savent pas de quelle tribu originelle ils viennent, et ne connaissent pas grand chose en fait de leur culture. Teressa, qui est une passionnée (membre du parti politique des maories, créé cette année), me dit que la culture maorie n'a rien de traditionnel, puisqu'ils ont perdu toutes leurs traditions et ne connaissent plus rien (ou très peu de leur culture).

Et pourtant, ils font ces Maories shows. Pour ceux qui ne connaissent pas, ce sont des maories qui vous font un Haka devant vous, pendant environ une heure, et ce pour 80 $NZ... Stephen, le frère de Jade, fait partie de ces maories qui font des shows (Jade en faisait aussi). Il m'explique que cela ne représente rien pour lui, que c'est juste un travail, qu'il améliore sa culture autrement. C'est juste de "l'argent facilement gagné"... En effet, il peut être payé entre 40 et 60 $NZ (contre 10 s'il travaillait chez Mac Donald par exemple...). Je lui explique que je trouve ces shows complètement dégradant pour les maories, et que lorsque j'ai vu ça la première fois (en vidéo), cela ne m'avait pas du tout donne envie de rencontrer des maories. Il dit me comprendre. Pour reprendre les termes de Ray (l'archéologue, souvenez-vous. Vous suivez là ?!!), il s'agit d'une sorte de "prostitution" de cette culture. On vend ce que le consommateur veut. Du spectaculaire, des couleurs, des gros yeux, de belles langues pendues, des plumes (obligé pour une culture tribale...). Mais Teressa me dit être d'accord avec moi également. "Ces shows sont faux, ce n'est pas notre culture, mais c'est ce pourquoi on est payé". Et son argument est de d'ajouter que oui, il s'agit bien d'une prostitution. Mais donnez un vrai boulot à une prostituée, et elle n'ira plus sur le trottoir. Même chose pour les maories. Le tourisme est pour l'instant le seul moyen pour eux de gagner leur vie décemment. Ils voudraient que leur terre leur soit restituée, pour travailler pour eux, pour exploiter leurs terres, pour y élever leurs enfants. Mais leurs terres ont été confisquées, et il leur est impossible (moralement j'entends) de travailler pour quelqu'un d'autre sur des terres qui sont supposées leur appartenir... Beaucoup de communautés maories ont lancé une procédure judiciaire contre le gouvernement. C'est le cas de Teressa et sa communauté, qui sont en justice depuis 10 ans contre le gouvernement. La fin de cette procédure est toute proche : la semaine prochaine...

Evidemment, ce n'est là que l'avis d'une famille de maorie. Et en plus ce que j'ai compris est certainement un peu déformé par mes difficultés de compréhension...Quelques détails doivent certainement m'échapper...! Ceci dit Gaye (la femme de Ray, l'archéologue donc...) me disait qu'elle n'était pas d'accord pour aider les maories comme il se faisait aujourd'hui (apparemment ils reçoivent des compensations par rapport au traité de Waitangi qui n'a pas été appliqué, mais là c'est super complexe aussi je comprends pas trop...). Mais que la meilleure façon de les aider serait de leur apporter un meilleur accès aux soins et à l'école. Sur ce point de vue, les deux bords sont d'accord. Jade me disait que son peuple se meurt, à cause de problèmes de tensions, d'obésité, de coeur... Les maories meurent très jeunes et ont une mauvaise santé. Et l'accès à l'école ne semble pas facile non plus... Et de leur côté, les Maories ne veulent pas de ces compensations; ils veulent juste qu'on leur restitue leurs terres, dans la limite des stocks disponibles (terres que l'Etat s'est approprié par exemple).

Voilà en très résumé les différentes discussions que j'ai pu avoir avec cette famille. Mon opinion maintenant, après ce séjour ici, a changé. Je vois ce peuple d'une autre manière. Je voyais le maorie comme une personne difficile à aborder. Pour exemple, le père ici (ou le grand père en fait). Sacré bonhomme, plutôt baraqué, le visage ferme, le tronc droit... A première vue, pas commode le type ! Eh ben en fait super sympa, on a bien discuté, il m'a payé des canons, tout s'est bien passé !! Je n'irai pas voir un de ces maorie shows, car je n'ai pas changé d'avis par rapport à ça ! Par contre je comprends mieux ces gens qui font cela par survie, en attendant mieux. Leur culture ne s'arrête pas à ça, mais c'est ce que le consommateur demande, alors ils le font. Mais à côté de ça, ils se battent pour que le traité soit appliqué, pour que le maorie, langue officielle depuis 1999, rappelons-le, soit plus parlé, et pour que l'Etat cesse de leur prendre leur terre encore et toujours pour en faire des lieux publics ou pour les vendre... (à confirmer). Leur situation est assez délicate en fait, puisqu'ils jouent le jeu du tourisme tout en ayant complètement conscience que ce n'est pas leur culture. Mais cela leur permet d'avoir des revenus honnêtes, pour élever leurs enfants et pouvoir vivre comme n'importe quel autre citoyen de ce pays. Et Jade me dit que ces shows ont permis à beaucoup de maoris de retourner vers leur culture, de réapprendre à parler Maorie. Et c'est donc un premier pas vers une "recolonisation" de leur culture, qui se fait en même temps qu'une "recolonisation" de leur terre...

De ce qu'on voit de l'extérieur, on pourrait donc croire que cette population est tout à fait intégrée, respectée... L'impression que j'ai est qu'il n'en est rien, de la part de l'Etat tout du moins (car on sent un engouement de la part de la population Kiwi envers les maories). J'ai souvent entendu parler de racisme en parlant des maories, de ségrégation dans le travail, l'accès à l'école, aux soins... L'Etat semble se servir de cette culture pour soigner sa vitrine, mais derrière les maories semblent écartés du système... Mais certains kiwis me disaient avant que les maories reçoivent trop de l'Etat, et qu'ils tirent trop d'avantages par rapport à ce fameux traité de Waitangi. Il existe une grosse incompréhension je crois entre les kiwis et les maories. Les premiers pensent que les maories ne veulent pas travailler, et qu'ils se suffisent des aides de l'Etat ; les deuxièmes ressentent une ségrégation, et veulent récupérer leurs terres volées par l'Etat... Je ne prendrai pas position dans ce débat qui me dépasse. Mais voyez que la situation n'est pas simple, et que la culture maorie est bien différente entre ce qu'on veut nous vendre et la réalité. Et d'un autre côté, je me dis que les Kiwis semblent fiers de cette culture. Lorsque l'on voit comment les gens réagissent lorsque les All Blacks font le Haka, c'est de la pure folie ! Alors je me dis que, alors que les Kiwis se cherchent une identité, les maories peuvent réellement servir de base à cette quête d'identité. La culture maorie semble être partagée par tous et représente un pilier fort de ce pays...

En tous les cas, j'aurai eu la grande chance de passer trois jours avec cette famille, à Rotorua. Je n'aurai malheureusement pas vu beaucoup de lacs d'eau chaude, ni aucun geysers du fait de mon genou douloureux. Je n'aurai pas vu l'art maori ni les shows (mais ça, ça ne manque pas !). Mais j'aurai vu bien plus à mon avis. Ces trois jours m'auront permis de mieux comprendre la situation des maories dans ce pays. Bien sur, tous ces propos sont à confronter avec la vision des kiwis (j'attends d'ailleurs vos réactions sur le forum). Ils m'ont magnifiquement bien accueillis et ont répondu à toutes mes questions, alors qu'à la base je ne venais pas qu'avec de bonnes pensées ! Nos échanges ont été très intéressants, même si je ne partage pas tous leurs points de vue (loin s'en faut !). Je repartirai de Rotorua avec une meilleure image de cette culture et avec l'énorme satisfaction d'avoir pu prendre du temps avec ces femmes et ces hommes dont les ancêtres ont été les premiers à fouler la terre néo-zélandaise...

Comme nous parlons des maories, petit dernier mot pour parler de ce fameux Haka, qui a fait couler tant d'encre ici ou en France ! En fait, il s'agit surtout du geste fait à la fin du Haka, montrant que les All Blacks vont trancher la gorge de leur adversaire... Geste plutôt choquant sur un terrain de rugby ! Ce nouveau Haka est en fait le Haka originel, et il a été écrit par deux chefs maoris. Il a été très bien perçu ici, les Kiwis n'ont pas été choqués par ce geste. Le Haka est une danse de guerre, utilisée avant pour dire à l'adversaire qu'il allait être tué... Bien sur, ce n'est pas le cas sur un terrain de rugby, mais replacé dans son contexte, le Haka prend tout son sens ! Donc ici, personne n'est choqué, et tout le monde le trouve très bien. Seul problème. Tana Umaga a beau être le meilleur capitaine possible pour les Blacks, et un joueur d'une très grande qualité, il n'est pas maori. Il est Fidjien... Et du coup voir le Haka mené par un non maorie laisse un petit goût amer... Ce que je comprends tout à fait. C'était la petite minute rugbystique, à vous Paris !

Comme je vous le disais j'ai loupé beaucoup de curiosités touristiques du fait de mon genou douloureux qui m'a rendu un peu prisonnier et immobile... Du coup je suis en train de réfléchir à l'itinéraire futur. Ils m'ont invité à revenir passer une journée ici lorsque je serai de retour, du côté de Taupo. Evidemment, je n'en suis pas encore là, mais je pense qu'au lieu de rester deux jours à Taupo je reviendrai ici. J'ai déjà visité Taupo pendant mon stage, et j'ai à peu près tout vu (Huka Fall et Craters of the Moon). Je pense donc que je filerai directement jusqu'à Rotorua, passerai une journée de plus ici, puis roulerai en direction de Hamilton pour l'avant dernière collecte de sang... Bien évidemment, il faut que j'en parle à mon genou ! Mais ce dernier semble aller mieux. J'ai fait 30 km hier pour aller jusqu'à la "Red Wood Forest (magnifique, voir photos) puis jusqu'au lac bleu (rien d'exceptionnel par contre...). Et je retrouve peu à peu un coup de pédale plus fluide... Je pense que dans tous les cas, je n'irai pas visiter le Cap Est. Je couperai à travers. Ceci me permettra de bien récupérer (si on peut parler de récupération en faisant 70 bornes par jour en Nouvelle Zélande...)... A suivre donc avec anxiété et intérêt !

Voila, j'espère ne pas vous avoir trop embêté avec toutes ces histoires de maoris... J'espère ne pas avoir été trop fouillis dans ces explications... Mais je vous promets que la situation semble vraiment très très complexe. Et en plus je suis chez des passionnés, alors ils parlent, ils parlent, ils parlent, et j'ai un peu de mal à suivre ! Même après un verre de vin, c'est encore difficile à comprendre, c'est pour dire ! Donc je vous retrouve sur le forum pour avoir vos impressions. Amis Kiwis ou maoris, que pensez-vous de cette situation ; amis français ou européens, comment percevez-vous cette culture de votre oeil extérieur ?

Pour ce qui est du reste de ce séjour de trois jours, j'ai fait une petite balade à travers la magnifique forêt de bois rouge (Red Wood Forest). Des arbres de 60 mètres de haut sortent de terre pour chercher le soleil. L'atmosphère est d'une tranquillité incroyable malgré le fait que j'ai croisé un car de touristes chinois ou coréens sur mon chemin (ils sont partout dans ce pays !!). Rachel et Brian m'avaient conseillé de visiter cette forêt, je les en remercie ! Puis j'ai fait un saut jusqu'au lac Bleu, qui n'a en fait rien d'exceptionnel... A mon retour a Rotorua, je me suis arrêté dans un petit parc à l'entrée de la ville, où les fumerolles vous invitent à vous arrêter. On peut y voir des petits bains d'eau chaude et de boue bouillantes.

Je vous laisse avec ça pour cette fois. Je vais me reposer maintenant, j'en ai grand besoin. J'espère que la situation va s'arranger. Mais dans tous les cas je reprendrai mon vélo, même si je dois couper à travers. Je suis vraiment embêté et très anxieux, mais je ne peux rien faire d'autre que d'attendre et me reposer. Alors j'y cours, et vous souhaite à tous une bonne journée !!

A très bientôt pour la suite de l'aventure, qu'elle soit douloureuse ou pas !

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