Julien Leblay...
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Tour des Balkans et Roumanie à vélo


Serbie - Kosovo - Albanie - Macédoine Bulgarie et Roumanie


Jour 16. Skopje - Stip.
Enfin une vraie journée de repos !

Après près de trois semaines de vélo, Skopje symbolise la première journée de repos, de vrai, sans avoir à plier ses bagages pour faire une poignée ou une centaine de kilomètres. Une journée sans non plus avoir à courir a droite ou a gauche pour des interviews ou des événements particuliers pour le don du sang. En effet, rien n'a pu être organisé en Macédoine, par manque de temps ou de perspicacité, et je ne rencontrerai donc pas la croix rouge de Macédoine.

Jordanka habite dans un quartier albanais à dix minutes à vélo du centre de Skopje. Après avoir pris café au septième étage d'un hôtel de luxe de Skopje, nous visitons un "An". Celui-ci a été construit au 16e siècle et servait de relais étape aux caravanes de commerçants. Au rez- de -chaussée étaient installées les chaises et tables pour le repas des voyageurs, au premier étage les chambres (une soixantaine ici), Une cour extérieure permettait de garder les chevaux pour la nuit. Celui de Skopje est très important de par sa taille, ce qui montre l'importance du commerce dans cette ville à cette époque.

Autour de ce "An", le quartier albanais est composé de petites ruelles. Nous entendons un forgeron s'activer avec fracas sur de la ferraille. Les murs de son atelier sont eux mêmes en tôles, fait maison certainement. Un boiteux fait la manche. Des femmes voilées marchent sans s'arrêter, leurs enfants dans les bras. Les hommes boivent le thé ou le café, assis dans les bars et jouant aux dominos. Les chats, squelettiques, errent à la recherche d'un peu de nourriture ou de fraîcheur. Enfin, le grand bazar avec un amoncellement incroyable d'objets, de tissus ou autre. Ce quartier (hormis son An et son bazar) ressemble beaucoup au quartier turc de Sarajevo. L'atmosphère y est cependant différente. Sarajevo a un aspect beaucoup plus ordonné, propre, rangé. Ici le désordre règne et il fait bon déambuler ici. La rue semble faire parti des habitations des albanais. Qu'il est bon de circuler ainsi librement dans leur maison !

Jordanka nous expliquait que les albanais présents en Macédoine sont tous musulmans (les musulmans de Macédoine étant eux soit albanais, soit turcs). Ils sont plus conservateurs que leurs voisins bosniens par exemple, ce qui explique notamment le port du voile, que l'on ne peut pas voir autant dans les autres pays.

Le reste de la journée sera partagé entre sieste et ravitaillement. Nous avons également fait une petite visite de la ville. Elle fut détruite en 1963 par un terrible tremblement de terre. Un des symboles de ce désastre est l'horloge sur l'ancienne gare routière. Elle est arrêtée depuis plus de 40 ans à 5h15 : heure à laquelle le séisme a eu lieu. Skopje est également le lieu de naissance de Mère teresa. Mais attention, elle est Macédonienne, bien sûr, mais surtout albanaise. C'est pour cela qu'une rue principale de Pristina (Kosovo) est dénommée "Mère Teresa" et que les Albanais sont très fiers d'elle, plus encore que les Macédoniens. Comme dans tous les Balkans, quand on habite un pays on vient toujours du pays voisin ! Enfin, vous pouvez voir près de l'ancienne gare routière un magasin à l'effigie de Tito...

Nous cherchons désespérément à vendre le vélo acheté à Belgrade. Mais aucun vendeur n'en veut. A 20h00 nous allons voir une exposition de photo au musée de Skopje (anciennement gare routière). Là nous rencontrons des amis de Jordanka et eux sont intéressés par le vélo. Quelle chance et quel bonheur. Voilà comment le vélo de Sophie, appeler par elle même "Roberto" se voit dans les mains d'une nouvelle cavalière !

Ainsi s'est passée la journée, calmement et librement. Je reçois beaucoup de message de français s’inquiétant de la chaleur ici, et des incendies, de plus en plus nombreux. Ma mère m'a même annoncé 15 morts en Roumanie à cause de la chaleur. Je confirme encore que oui, il fait extrêmement chaud. 46 degrés il y a deux jours ici. Pédaler après 13h00 est de la folie suicidaire, tant la chaleur est étouffante. C'est pourquoi je me lève toujours très tôt et que je termine tard le soir. L'après midi ne consistant qu'a se reposer auprès d'une rivière ou dans un café. Donc ne vous inquiétez pas pour le cycliste roulant sous des chaleurs étouffantes, je prends toutes les précautions nécessaires pour ne pas pédaler lorsqu'il fait trop chaud. Je dois vous laisser, Jordanka a besoin de l'ordinateur qu'elle m'a généreusement prêté ! Je vous laisse et vous dis à bientôt.

Aujourd'hui : Macédoine agricole

Je suis à 5h00 sur le vélo. L'objectif étant de rejoindre Stip à 100 Km de là avant midi. Alors que le soleil est encore rougit par une longue nuit, je croise de nombreux paysans en tracteur tirant une remorque remplie de pastèques. Ce sont des tonnes de pastèques qui se dirigent ainsi vers la capitale macédonienne. Les paysans forment ainsi un convoi exceptionnel, une caravane de pastèques ! Et, à l'image de leurs consommateurs, elles sont d'une taille impressionnante!

La route est plane jusqu'à Katlanovo, puis s'élève dans une forêt. Cette dernière était certainement fort jolie, avant que les incendies, ceux qui frappent avec force l'Europe de l'est depuis de nombreux jours, ne la transforme en cendres et piquets noircis. Troncs dénudés de toute vie. L'odeur est tenace et fraîche, Comme d'habitude, la nature subit la maladresse, la folie ou l'inconscience humaine. Mais un jour elle nous le rendra, c'est évident...

Après Veles je passe devant une décharge. Beaucoup sont sauvages en Macédoine, pas celle ci. Des employés communaux (certainement) y emmènent par camion les ordures collectées. Sur place, d'autres employés les brûlent à l'air libre. C'est désolant de voir se terminer ainsi nos ordures, libérant dans un ciel déjà trop charger leurs toxines mortelles. En Macédoine la collecte des déchets est mieux organisée qu'en Albanie ou que dans le sud de la Serbie, mais il faudrait s'interroger sur le devenir de ces déchets...

J'évolue maintenant dans un vaste espace agricole. Loin des petits carrés de mais et des chevaux tirant une charrette, ici de vastes parcelles de plusieurs dizaines d'hectares s'épanchent devant moi en de amples ondulations. Le paysage est jauni. La moisson a eu lieu, les bottes sont assemblées en de gigantesques monticules au bout des champs. Plus loin, des camions viennent les chercher pour les transporter plus loin. Les tracteurs de plus de cent chevaux s'activent à retourner la terre. Plus loin, ce sont des dizaines d'hectares de vignes qui s'alignent à ma gauche, puis des mais. Bref, nous sommes ici dans ce qui doit être la région la plus productive de Macédoine.

Cette plaine pourrait m'ennuyer. Mais au contraire, je suis heureux d'être là, à pédaler avec vivacité pour rejoindre Stip. Heureux d'être seul, de ne partager mes pensées qu'avec le vent et la chaleur, de laisser s'exprimer mes jambes comme elles l'entendent, de me laisser porter par mes envies. Enfin seul pour profiter des sourires des jeunes gens qui me servent des fruits à 40 Km de Stip. Ils ne parlent pas très bien anglais mais peu importe, nous arrivons a plaisanter et a nous sourire, ce qui est bien là l'essentiel. Souvent on pense que ne pas parler la langue est un problème. Il l'est lorsque quelqu'un la parle a votre place, alors vous êtes rapidement écartés des discutions. Mais dans ce cas précis aucun problème, les sourires et gestes pallient à l'incompréhension.

J'arrive ainsi à Stip à 11h00. La journée a été assez facile avec seulement deux montées et dix kilomètres de route défoncée. Pour le reste, je n'ai eu qu’à me pencher sur le guidon et à appuyer sur les pédales. Je vais passer mon après midi à Stip et irait planter ma tente un peu plus loin au calme.

A bientôt, ce sera en Bulgarie ! Je rentre dans l'union européenne dès demain !


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