Retrouvez le récit de ce voyage à vélo moto dans le livre 152 pages dont 8 de photos couleur. Prix public : 15 euros. DVD également disponible : 8 euros |
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Malgré les précautions, les jambes tirent un peu au réveil. Mais Venise nous attend au bout de deux cent kilomètres, alors ça motive ! Comme nous sommes encore dans la plaine du Pô, les paysages sont toujours aussi ennuyeux, avec des maïs et des moissonneuses-batteuses. Le château de Mantova nous apporte cependant une petite satisfaction visuelle. Nous apercevons également les Alpes à notre gauche. Cela donne un peu de relief à cette journée monotone.
Après trente bornes de nationale, nous quittons les grands axes pour les petites routes de campagne… Chose à ne pas faire, pour trois raisons :
1/ ces petites routes sont très mal entretenues,
2/ les panneaux d'indication sont mal foutus et peu nombreux,
3/ les cartes ne vous aident pas à vous y retrouver !
Dès lors, nous n'avons pas compté le nombre de détours et demi-tours effectués. Heureusement, nous rencontrons des Italiens qui nous guident ou nous accompagnent pendant de nombreux kilomètres. Nous nous sommes perdus de trop nombreuses fois.
Nous demandons à des locaux l'itinéraire qu'il faut emprunter pour se rendre à Padova. Un d'entre eux nous conseille de rejoindre Vicenza pour pouvoir prendre le train. D'autres nous suggèrent de descendre à Montagnana pour regagner Padova par les grands axes routiers. Non ! nous voulons couper à travers, par la " Colli Euganei ".
- Mais non, il ne faut pas passer par là, c'est la montagna !
- Ici, ça monte beaucoup trop !
- Justement, c'est ce qu'on veut, ça nous changera !
- Bon, vous l'aurez voulu, alors allez par là, puis par là. Mais vous n'arriverez jamais à monter…
On se demande alors sur quoi on va tomber. Nous nous préparons à affronter un grosse montée.
Nous arrivons au pied de la " montagna ", qui est un petit bout d'Alpes (mais rien à voir avec ce qu'on a traversé). Nous commençons l'ascension qui, à priori, s'annonce raide. Après trois kilomètres parcourus à 17 km/h, nous voilà au sommet… C'était donc ça la montagne promise ! Cette petite butte est posée au milieu de la plaine du Pô, et s'élève à … 601 mètres d'altitude. Vous posez cela au milieu de la Bretagne, cela paraît être une énorme montagne. Il s'agit de " l'Alpe d'Huez " du coin. Nous avons croisé énormément de cyclistes, à croire que tous les cyclopathes italiens se rencontrent ici.
Cette petite butte a été très appréciée. On se croirait dans le midi : forêts vert clair, vignes, terrasses, petites maisons colorées. Un petit coin de paradis au milieu de cette horrible plaine du Pô ! Nous apprécions la descente, car ensuite, un monde de sauvages nous cueille… Padova est une jungle routière et autoroutière. Je me retrouve sur une autoroute, sans savoir comment. Vite, sortir d'ici ! Nous nous sommes encore perdus avec Fabien, qui a manqué d'avoir un accident. La circulation dense et rapide l'oblige à serrer à droite par moments. Il a un peu trop serré, la valise a touché une barrière de sécurité et a valdingué à cinquante mètres... Plus de peur que de mal. Fabien remet la valise et repart à ma recherche. Rien de cassé, ni pour le bonhomme, ni pour la moto. Les valises ont résisté au crash test. Elles sont solides ! Au final, nous nous retrouvons dans un décor de barrières de sécurité, de ponts et de quatre voies. Padova est un enfer pour les cyclistes (le pire que l'on ait trouvé jusque là). Nous quittons le plus rapidement possible cette ville pour retrouver Venise.
Le pont de plus de quatre kilomètres qui relie Venise au continent signe la fin de l'étape. Une piste cyclable permet aux cyclistes de l'emprunter. Mais pas n'importe quels cyclistes : ceux qui sont équipés pour affronter les pistes cyclables italiennes, qui sont généralement praticables en VTT, mais pas trop en vélo de route. Au bout du pont, on se dit que la galère de la plaine du Pô doit enfin être terminée ! La côte adriatique est à portée de tongues. L'Italie a été traversée sans encombre, même s'il reste encore plus de cent bornes avant d'arriver en Slovénie (mais on verra ça après une bonne journée de repos).
Nous pensions être accueillis par des amis de Muriel (my sister) et le Rotary club. En fait, nous avons été victimes d'un complot ! Nos deux mamans respectives nous attendent au bout du pont ! Alors ça, c'est une surprise ! Muriel et Emilie, on vous retient ! Nous passons une soirée très agréable en famille, avant d'aller nous coucher, épuisés, au " camping de Venezia ", sur le continent. Ici, nous rencontrons énormément de cyclistes. L'un d'entre eux nous explique, en anglais, qu'en ce moment se déroule une espèce de " semaine fédérale de cyclotourisme " sur quatre jours, comme en France. Cinq cent cyclotouristes se réunissent de toute l'Italie pour participer à cette manifestation. Chaque année, le lieu de rencontre change, permettant ainsi aux habitués de visiter tout le pays sur le long terme. Nous avons exactement la même chose en France, au mois d'août. L'an dernier, la semaine fédérale s'était déroulée dans le Cantal, en Auvergne. Pour y avoir participé, je peux dire que c'est un événement très sympathique et convivial.
Des circuits allant de cinquante à cent soixante kilomètres sont proposés aux participants, permettant ainsi à des personnes de tous les niveaux et les âges de se faire plaisir et de découvrir un petit bout de France. L'an dernier, on comptait plus de dix mille participants. Cela montre que la France est un pays de cyclistes beaucoup plus que l'Italie. Au pays des pastas, on n'aime pas les cyclistes, et on fait très peu de vélo. Et pourtant, le cyclisme professionnel italien affiche de très grands " champions " (je n'aime pas ce mot, quand on sait ce qu'il se passe dans le sport de haut niveau de manière générale…). Nous discutons pendant un moment avec cet Italien, qui a beaucoup voyagé à vélo (Nouvelle-Zélande, Italie…). Il fait ses voyages pour l'amnistie internationale. Chacun a ses voyages et ses messages.
Nous avons parcouru 207 kilomètres, en 8h25 minutes. Nous garderons un très mauvais souvenir de cette plaine du Pô. Ce n'est vraiment pas un endroit pour les cyclistes. Aucun accident n'est à déplorer (hormis l'éjection de sacoche de Fabien…), et c'est un bonheur en soi !
Nous avons hâte de quitter ce pays. Non pas que les Italiens ne soient pas accueillants (bien au contraire, nous avons rencontré des gens très sympathiques) mais cette partie de l'Italie n'est pas faite pour nous ! Les montagnes slovènes seront bien plus à notre convenance.
Avant cela, une journée de repos bien méritée nous attend, que nous passons en compagnie de nos deux madrés.
Venise n'est pas ce qu'il y a de plus reposant, puisqu'il s'agit d'une ville piétonne. Au matin, nous avons retrouvé nos deux mamans dans un cyber café, où nous avons mis à jour notre site. A huit euros de l'heure, on se dépêche. Venise est une ville très portée sur l'argent. La connexion Internet est quatre fois plus chère que la normale, et tout est comme ça. Nous prenons le Vaporéto, qui est le métro fluvial de Venise. La destination de tout touriste qui se respecte est… la place San Marco, bien sûr ; avec ses pigeons, ses musiciens, ses Italiennes ! C'est bondé de monde, de toutes les nationalités. Nous rencontrons très brièvement trois Australiennes. " Vous voulez être sur la photo avec nous ? ". Après la pause improvisée, elles nous demandent ce qu'est ce Tour d'Europe écrit sur nos maillots. On leur explique brièvement ce que nous faisons et les invitons à visiter notre site :
- allez voir l'étape 8 et vous y serez !
Nos gentilles Australiennes nous quittent avec un petit prospectus dans les mains !
Nous faisons une brève visite de Venise, sans omettre de jeter un œil sur le Pont des Soupirs. Il s'agissait du passage entre le tribunal et la prison. Ici, les personnes qui venaient d'apprendre leur condamnation, poussaient des soupirs (normal) sur ce pont, en regardant pour la dernière fois la lagune.
On évite de trop marcher car aujourd'hui, c'est repos ! Il faut soigner les jambes, et puis j'ai toujours cette ampoule qui me chatouille le gros orteil. Nous regagnons donc le camping en disant au revoir à nos deux mamans. Merci pour la surprise, c'était super ! Où vous reverra-t-on ? A Bratislava, Berlin ou Bruxelles ? !
Le soir, nous sympathisons avec Simon, un motard bulgare. Nous lui montrons quelques photos de notre voyage et discutons pendant une bonne demie heure. Lui et ses amis font un voyage de 5 600 kilomètres, de leur pays jusqu'à Barcelone. Ils sont sur le chemin du retour. Un bon moment passé en sa compagnie, d'autant plus que son anglais est parfait. Nous l'invitons à venir découvrir l'Auvergne, photos à l'appui ! Bien sûr, il repart avec un prospectus !
Nous avons également revu notre cycliste italien. Il nous a donné une petite astuce, un peu tardive, pour camper à pas cher en Italie. En fait, il existe des fermes, des " agriturismo " correspondant à nos chambres d'hôtes. Certaines vous permettent de planter votre tente gratuitement chez eux (à condition d'y manger). Cela peut donc être un bon plan en Italie, pour les vadrouilleurs. C'est vrai que nous avons galéré à trouver un camping aux alentours de Mantova, et avons donc dormi dans un hôtel (ce n'est pas le même tarif…). On aurait su… Ce sera pour une prochaine fois, même si on n'est pas sûr de vouloir retraverser l'Italie ! Vraiment galère pour les deux roues.
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