Pendant deux ans, j'ai étudié ce magnifique plateau basaltique situé en Auvergne, à cheval sur le département du Cantal et du Puy-de-Dôme. Le cézallier.
A la recherche des gens, j'ai arpenté ses collines, à la fois douces et rudes, pour connaître l'identité de ce territoire, longtemps délaissé par ses habitants, et pourtant si puissant. Lisez dans ces quelques pages quelques résultats de cette étude portée sur le magnifique plateau du Cézallier.
Avant propos
introduction
limites géographiques du cézallier
espace vécu
l'espace perçu par les habitants
le sentiment d'appartenance
La représentation du Cézallier par ses habitants et les touristes
le Cézallier et l'Aubrac, deux frères jumeaux
le tourisme, activité fédératrice ?
conclusion
Cette étude a démontré que le territoire est l’agencement de différents facteurs (économiques, sociaux, spaciaux-temporels…) sur une même espace. Chacun de ces facteurs possède un rôle plus ou moins fort selon le lieu, l’époque… De la qualité des interrelations dépend la force du territoire. Lorsqu’elles s’harmonisent parfaitement, les répercutions sur l’identité sont bénéfiques, et le territoire est viable. A l’inverse, lorsque des contradictions, des confrontations apparaissent entre les différentes composantes, alors le territoire est faible, puisque l’identité n’est pas commune. Ceci est d’autant plus vrai lorsque les composantes en question ont un rôle important dans la construction du territoire
Pour le cas du Cézallier, deux composantes majeures s’opposent catégoriquement. D’un côté, le pouvoir, matérialisé par la limite administrative départementale, joue la carte de la division. Les répercutions sur la société sont très fortes. Les déplacements du plateau sont centrifuges, la délimitation du territoire se fait parfois selon cette limite…. Cela aboutit à un affaiblissement considérable de l’identité au sein du plateau. En effet, les habitants se disent souvent plus être d’une entité administrative que du Cézallier en lui même.
De l’autre côté, le tourisme se heurte à cette division administrative. Cette activité économique paraît être la plus plausible pour maintenir la vie sur le plateau. Aucune industrie ou usine n’y est installée, l’agriculture se meurt petit à petit, l’implantation de fonctions abstraites y est exclue du fait de l’isolement. Mais elle n’a pas réussi à s’imposer, et subi pleinement une division départementale obsolète et trop marquée. Les touristes se trouvent devant un dilemme : on leur propose de visiter deux Cézallier différents… Quel est le bon ? Au final, la définition du plateau est impossible pour eux, ou faussée par des cartes administratives.
Parallèlement, le paysage représente une composante identitaire très forte. C’est ce qui fait la particularité, le charme, la force de ce plateau. Il est le résultat du long travail de la société agricole, et représente le symbole de cet espace, comme l’ont montré les enquêtes. Que l’on soit du Cézallier Puy-de-Dôme, du Cézallier Cantalien ou un touriste, on décrit le Cézallier comme un plateau où s’étendent des pâturages à perte de vue, un désert vert. A ces pâturages sont associés des sensations de bien être, de liberté, de plénitude…
Ce paysage est vraiment particulier et émouvant, aux dires des habitants et des touristes. Il représente un atout majeur sur lequel un développement touristique peut et doit s’appuyer, comme c’est le cas dans l’Aubrac. En effet, ce dernier plateau a su mettre de côté les querelles administratives pour mettre en avant ses paysages, identiques à ceux du Cézallier. Le paysage s’étend de part et d’autre de la limite départementale. Seule une valorisation globale, à l’échelle du massif peut être viable et aura un impact sur l’identité du plateau. Un territoire touristique pertinent peut se créer de la sorte. Il sera très vite assimilé par la population locale, qui est très attachée aux paysages du Cézallier. La construction d’un territoire sur ce thème sera approuvé par les autochtones, sans aucun doute.
Les répercutions de la création d’un tel territoire peuvent être nombreuses, et en premier lieu en ce qui concerne l’identité du plateau. Il permettra au Cézallier d’être reconnu de l’intérieur comme une seule et même entité paysagère, et non pas comme deux entités administratives comme c’est le cas aujourd’hui. De plus, l’image du plateau, bien mieux définie, pourra alors être exportée sans ambiguïté à l’extérieur. Alors qu’aujourd’hui les brochures touristiques laissent paraître une image erronée du plateau, du fait des querelles administratives, le reflet du territoire touristique global sera inspiré des pâturages et des immensités du plateau. Les brochures de l’Aubrac sont magnifiques car elles exposent ce « désert sauvage ». Le Cézallier n’a pas à rougir de son voisin, bien au contraire. Une telle image peut donc ressortir de notre plateau.
Ainsi, avec une valorisation globale du Cézallier, reposant sur les paysages d’estives, on peut espérer une reconnaissance du Cézallier par ses habitants, par la Région Auvergne, ainsi que par tous les amoureux des grands espaces. Alors, nous pouvons extrapoler notre réflexion vers la création d’un territoire imaginaire, qui n’aurait pas de limite fixe, et qui s’étendrait à la fois sur le plateau du Cézallier et sur celui de l’Aubrac. Cette proposition a été soumise à l’association Chamina. Pourquoi ne pas mettre quelques pages sur le plateau voisin dans chacun des guides ? La question mérite d’être posée. C’est très frustrant de constater que des amoureux de l’Aubrac ne connaissent pas le Cézallier, alors que c’est exactement le type d’endroits qu’ils recherchent. Chamina semble le plus à même aujourd’hui de proposer à ces personnes une destination touristique leur convenant parfaitement.
Mais pour aboutir à ce territoire élargi, il est impératif que les deux départements se concertent enfin pour pouvoir développer et partager cette identité commune sur le Cézallier. Tant que le tourisme sera confronté à cette séparation dramatique, rien ne pourra être fait dans ce sens au sein du plateau. Le plateau ne compte aucun élément structurant. L’agriculture devient saisonnière avec la vente des terres aux « étrangers », les centres sont à l’extérieur, les voies de communication le contournent. Or, le paysage peut être l’élément fédérateur, autour duquel l’identité du territoire touristique doit se reposer. Lorsque l’on vendra le Cézallier pour ce qu’il est, c’est à dire un seul et même plateau herbager, alors les conséquences sur la société seront nombreuses et bénéfiques. La division administrative représente un frein identitaire considérable et la situation est critique. Les politiques locaux se demandent comment faire pour maintenir la vie sur le plateau. A travers cette étude, nous leur proposons une solution concrète. A bon entendeur…
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